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samedi 5 novembre 2011

Carlton : les antiprostitution se portent partie civile


Par Marie-Amélie Lombard Publié
L'entrée de l'hôtel Carlton de Lille. La Fondation Scelles entend montrer que les affaires de proxénétisme dit «hôtelier» renvoient à des réseaux d'exploitation très lucratifs.
L'entrée de l'hôtel Carlton de Lille. La Fondation Scelles entend montrer que les affaires de proxénétisme dit «hôtelier» renvoient à des réseaux d'exploitation très lucratifs. Crédits photo : PHILIPPE HUGUEN/AFP

INTERVIEW - Pour le président de la Fondation Scelles, des affaires comme celle de Lille masquent «une réalité sordide».

La Fondation Scelles, la plus importante association de lutte contre la traite d'êtres humains en Europe, se constitue partie civile dans le dossier du Carlton. Son fondateur, Jean Scelles, résistant emprisonné en Algérie, découvrit les questions soulevées par la prostitution en parlant avec un codétenu proxénète. Par cette initiative, la fondation entend montrer que «derrière le côté paillettes et sexe facile, se trouvent des réseaux de criminalité organisée exploitant des femmes vulnérables», selon son président, le magistrat Yves Charpenel, avocat général à la Cour de cassation.

Quel est le but de votre constitution de partie civile ?

Montrer que, le plus souvent, ces affaires de prostitution ou de proxénétisme dit «hôtelier» masquent une vraie ­exploitation dans un but très lucratif puisqu'une prostituée «rapporte» ­environ 150.000 euros net par an. Nous intervenons aujourd'hui dans une centaine de dossiers. Dont l'affaire Zahia, dans laquelle le footballeur Franck Ribéry est mis en examen. L'instruction a permis de se pencher sur le passé de ­Zahia qui, dans ses jeunes années au Maroc, a été récupérée par un réseau de proxénètes puis envoyée en France. Nous sommes présents dans l'affaire du Baron, lieu de rencontres proche des Champs-Élysées. Pour le Carlton, notre constitution de partie ­civile, par notre bras armé judiciaire - Équipes d'action contre le proxénétisme - sera formalisée dès la semaine prochaine.

Que répondez-vous aux défenseurs de la prostitution, relation tarifée et consentie entre personnes majeures ?

Cette vision quasi poétique masque une réalité bien plus sordide. Ces femmes, à 90 % des étrangères dans les grandes villes, sont toutes vulnérables. Venues d'Europe de l'Est, d'Afrique anglophone ou de Chine, elles sont parquées dans des «maisons» en Allemagne ou en Espagne avant de tourner en Europe au gré de la demande. Leurs proxénètes reçoivent par exemple commande de «150 colis pour un mois». Les sessions du Parlement européen à Strasbourg sont ainsi bien alimentées par ces tour-opérateurs du sexe. Les prostituées n'ont souvent pas de papiers, parlent mal français et sont donc à la merci de réseaux qui n'hésitent pas à les violenter. À Aix-en-Provence récemment, deux Moldaves, aux mains de souteneurs roumains, sont mortes étouffées, la tête dans un sac en plastique, devant les autres filles.

Quant aux réseaux chinois, qui prospèrent à Paris, ils sont très organisés. Dans des régions pauvres de Chine, certains parents vendent leurs filles. D'autres familles croient les proxénètes qui font miroiter un emploi comme serveuse dans un restaurant et empruntent pour payer les «frais». Une fois en France, les filles sont obligées de se prostituer pour rembourser. Voilà pour l'amour sans contrainte, le libertinage… Je n'ai jamais rencontré une femme qui s'épanouissait dans la prostitution.

Quelles sont vos armes contre ces réseaux ?

Obtenir des condamnations à de la prison ferme dissuasives, ne pas voir les proxénètes - en grande majorité des étrangers - être libérés à mi-peine et expulsés, ce qui les arrange. Mais aussi toucher au cœur du trafic : l'argent. Les circuits permettent un blanchiment rapide. À Reims, un réseau exploitant des femmes du Sierra Leone recyclait le bénéfice des passes dès le lendemain dans une banque au Luxembourg.

Sur le Figaro.fr

Merci à Patricia pour le lien

vendredi 4 novembre 2011

Manifestation nationale contre les violences faites aux femmes le 5 novembre à Paris

Violences

Manifestation nationale contre les violences faites aux femmes le 5 novembre à Paris

jeudi 1er septembre 2011

Appel à la manifestation nationale du 5 novembre contre les violences faites aux femmes.

Parcours de la manifestation : Bastille, Boulevard Henri IV, rue des Fossés Saint Bernard, rue des Ecoles, rue de l’Ecole de Médecine, Carrefour de l’Odéon, rue Saint Sulpice, rue du Vieux Colombier, rue de Grenelle, rue du Bac. Nous allons donc en direction de Matignon où un rendez vous est demandé.

L’adresse mail pour recevoir les signatures d’appel est signatures5novembre@gmail.com

Contre les violences, au « pays des droits de l’Homme », où sont les droits des Femmes ?

La domination masculine imprègne l’ensemble des rapports sociaux entre les sexes. Elle distribue le pouvoir et les places de façon complètement inégalitaire entre les femmes et les hommes : au travail, dans la représentation politique, à la maison, dans le sport, les médias, les arts et la culture. Partout les femmes doivent se battre pour l’égalité.

Les affaires récentes impliquant des hommes politiques ont mis en évidence un déni profond des violences faites aux femmes. Les insultes sexistes, les propos méprisants ont fusé et occupé écrans et colonnes de journaux. A l’heure actuelle, la confusion est grande entre libertinage et violence sexuelle, entre drague et harcèlement sexuel, entre relation sexuelle et viol.

Ces affaires sont médiatisées uniquement en raison de la célébrité des hommes concernés.

Les violences envers les femmes sont quotidiennes et universelles sur l’ensemble de la planète. Elles sont l’expression des rapports de domination exercés par les hommes sur les femmes dans le système patriarcal.

Les violences, toutes les femmes connaissent : elles peuvent aller crescendo, de l’insulte au meurtre, en passant par le viol, du sexisme ordinaire au crime…

- c’est la main aux fesses dans le métro et les sifflets méprisants dans la rue

- c’est la fille obligée de s’habiller en jogging pour avoir la paix

- c’est la femme menacée d’un mariage forcé
- c’est la femme qui rentre à 2 heures du matin et regarde sans cesse derrière elle pour voir si personne ne la suit

- ce sont les coups, injures, insultes, menaces, humiliations, viols par le conjoint

- c’est la copine, au travail, harcelée constamment par son chef qui veut la faire « passer à la casserole »

- c’est la lesbienne qui est violée pour lui apprendre ce qu’est « un homme, un vrai »

- c’est la voisine qu’on entend crier et pour laquelle on hésite encore à appeler les flics
- c’est la femme qui n’a jamais pu dire que son père l’a violée dans sa jeunesse etque cela a fichu sa vie en l’air

- c’est la femme immigrée qui ne peut rien dire contre les violences de son mari quand son titre de séjour dépend de lui

- c’est la femme violée dans un conflit armé qui réclame l’asile en France

- c’est la mère de 3 enfants qui vit seule et est contrainte de se prostituer pour boucler les fins de mois

- c’est la fille violée par plusieurs garçons, que ce soit dans une cave, un salon ou lors d’un bizutage

- c’est la femme qui meurt sous les coups d’un conjoint ou d’un ex conjoint…

Nous féministes individuelles, associations féministes, syndicats et partis politiques, tenons à réaffirmer que la lutte contre les violences faites aux femmes est une lutte première pour atteindre l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, et que nous continuerons à la mener envers et contre tout. Nous réaffirmons que les violences sexuelles ne sont pas du domaine du privé, du domaine de la drague et de la séduction. Elles sont du domaine public car elles tombent sous le coup de la loi.

NOS REVENDICATIONS

Pour lutter contre les violences, pour signifier l’interdit, il faut des lois à la fois ambitieuses et pleinement mises en oeuvre. Il faut donc avoir la ferme volonté politique de voter des lois efficaces et de les appliquer en se fixant comme tout premier objectif d’informer, de sensibiliser, de convaincre. Ce n’est pas le cas de la énième loi contre les violences votée, grâce à nos mobilisations, en juillet 2010.

Malgré des avancées, elle est en effet incomplète parce que de nombreuses revendications ont été laissées de côté lors des débats législatifs. En outre, les premières remontées sur son application semblent pour le moins « contrastées »… CA SUFFIT !

Parce que les violences ne doivent pas être une fatalité pour les femmes, nous exigeons, comme en Espagne, une loi cadre contre les violences faites aux femmes.

Tout de suite nous exigeons :

des campagnes d’information et de sensibilisation pérennes auprès de tous les publics et la mise en place d’une véritable éducation non sexiste à tous les niveaux de l’éducation nationale

_ une formation spécifique et obligatoire en matière de prévention et de prise en charge des violences faites aux femmes pour tou-te-s les professionnel-le-s concerné-e-s

_ la possibilité que toutes les femmes en danger de violences soient protégées, de par la loi, et non seulement celles victimes de violences conjugales ou menacées de mariage forcé.

_ le changement dans le code pénal et le code du travail de la définition du harcèlement sexuel. Le harcèlement sexuel c’est, comme le dit l’Union Européenne, un « comportement non désiré à connotation sexuelle »

_ la délivrance ou le renouvellement dans les plus brefs délais du titre de séjour pour les femmes étrangères victimes de violences conjugales.

_ le statut de réfugié pour toute femme demandant l’asile parce victime de violences sexistes, sexuelles ou lesbophobes

_ l’abrogation du délit de racolage et la mise en œuvre d’une politique de pénalisation du client de la prostitution.

_ une réelle politique de logements prioritaires pour les femmes en danger.

_ la mise en place d’un Observatoire national des violences qui étudie, impulse, évalue les politiques menées

Nous exigeons aussi que des moyens soient dégagés pour permettre un contrôle de l’application des lois sur les violences faites aux femmes. Nous exigeons qu’une commission de contrôle multipartite soit mise en place où siègeraient les pouvoirs publics, des parlementaires et des associations de défense des droits des femmes.

Enfin nous exigeons que les associations féministes conservent les missions de service public auprès des victimes qui leur sont conférées, ce qui implique non seulement le maintien des moyens financiers qui leur étaient accordés mais aussi leur augmentation. Il est hors de question que l’État se désengage ! Si des missions de service public sont transférées aux collectivités territoriales, le budget doit suivre ! MANIFESTATION NATIONALE

RENDEZ-VOUS SAMEDI 5 NOVEMBRE À 14H30 PLACE DE LA BASTILLE À PARIS

Signataires : Collectif national pour les Droits des Femmes, Actit-Union des Femmes Socialistes, Agir contre le chômage, Alliance des Femmes pour la Démocratie, les Alternatifs,Alternative Libertaire, ANEF, Apel-Egalité, Association des communistes unitaires, Association Contre le Bizutage, Association Groupe Cadre de Vie, Association pour les Droits des Femmes du 20è, Association v.ideaux/teledebout.org, Atalante vidéo, Attac, CADAC, , Centre LGBT Paris Ile de France, CGT, Les Chiennes de garde, Collectif féministe Handicap, Sexualité, Dignité, Collectif féministe contre le Viol, Collectif Féministe « Ruptures » et Réseau Féministe « Ruptures », Collectif féminin masculin de Vitry, Collectif mixité CGT des Bouches du Rhône, Collectif région parisienne pour les Droits des Femmes, Comité de vigilance et de suivi pour l’application de la loi du 9 juillet 2010, Coordination lesbienne de France, DECIL : Démocratie et Citoyenneté Locale (Mantes la Jolie), Du Côté Des Femmes ( Cergy), FASTI, Elu-e-s contre les Violences faites aux Femmes, Europe Ecologie Les Verts, « Femmes libres » Radio Libertaire, Fédération nationale Solidarité femmes, Féminisme-enjeux Théâtre de l’Opprimé, Femmes solidaires, FIT, une femme, un toit, FSU, Garçes (groupe d’action et de réflexion contre l’environnement sexiste, Sciences po Paris), Gauche unitaire, Initiative des Femmes Kurdes en France, Initiative Féministe Européenne France, Inter LGBT, Intersyndicale CFDT-CGT SDFE, Lesbiennes of Color, Ligue des Droits de l’Homme, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie, Maison des Femmes de Montreuil, Marche mondiale des Femmes, MJCF, Mouvement Jeunes Femmes, NPA, Osez le féminisme,Paroles de femmes, Parti Communiste Français, Parti de Gauche, Parti socialiste, Planning Familial, RAJFIRE, Socialisme et féminisme, SOS sexisme, Stop Précarité, UNEF, Union syndicale Solidaires.

Sur collectifdroitsdesfemmes.org

jeudi 3 novembre 2011

Tristane Banon en veut à Anne Sinclair


« Il faut qu’elle accepte sa part de responsabilité »

Publié le Jeudi 03 Novembre 2011 à 11:15 par C.G.


Tristane Banon en veut à Anne Sinclair
  • Tristane Banon en veut à Anne Sinclair
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Tristane Banon reproche à Anne Sinclair de protéger Dominique Strauss-Kahn au détriment de celles qui l’ont un jour accusé.

Le 13 octobre dernier, la justice a classé sans suite la plainte de Tristane Banon contre Dominique Strauss-Kahn pour tentative de viol car les faits étaient prescrits. Toutefois, le parquet a souligné qu’il y avait eu une agression sexuelle. Se contentant du fait que la justice ait reconnu « son statut de victime », la jeune femme décidait alors de ne pas aller plus loin en renonçant à se porter partie civile. Deux semaines après le dénouement de l’affaire, aux yeux de la justice du moins, qui l’a opposée à l’ancien patron du FMI, l’écrivaine s’est livrée à cœur ouvert au cours d’un long entretien diffusé hier dans l’émission Une semaine d’enfer sur France 4.

Elle a notamment redit sa satisfaction d’avoir été entendue par la justice mais aussi son écœurement devant l’indulgence dont DSK jouirait selon elle de la part de son entourage. Pour Tristane Banon, il aurait besoin d’un traitement car il serait « malade ». « Il agit comme un boulimique devant une boulangerie fermée, a-t-elle comparé. Il éclate la vitrine, qu’importe si le gâteau est bon ou mauvais. » Mais selon elle, ses proches préfèrent le couvrir plutôt que l’aider. « Autour de lui, il a une garde rapprochée qui le croit au-dessus des lois et qui le convainc que tout ça n’est pas grave. Donc ils sont aussi coupables que lui, a-t-elle jugé. Si autour de vous vous n’avez pas un entourage qui dit : "Tu es malade, il faut qu’on te soigne, on t’emmène à l’hôpital, on va t’aider" et qu’à la place vous avez des Brafman (l’un des avocats new-yorkais de DSK), des Ramzi Khiroun (conseiller de DSK) et des Anne Sinclair qui vous disent : "Oh ben non il a rien fait, il est gentil, il est adorable…" L’addiction sexuelle, ça se soigne. […] Si on le soigne pas, c’est criminel. »

Tristane Banon a plus particulièrement visé Anne Sinclair, l’épouse de DSK. « À trop protéger les gens qu’on aime, par amour à mon avis, mais aussi par sentiment de caste, parce que je pense qu’il y a beaucoup de ça, on en finit par devenir soi-même criminel. […] Il faut s’endormir avec ça. À sa place, j’aurais du mal. » L’écrivaine a enfoncé le clou. « Il faut qu’elle accepte sa part de responsabilité. Que quand elle s’endorme, elle se dise que Nafissatou Diallo, c’est aussi un peu elle. Que Tristane Banon, c’est aussi un peu elle. Que Piroska Nagy, c’est aussi un peu elle. Que Marie Victorine Mbassa, c’est aussi un peu elle. Que la journaliste marocaine, qui comme par hasard a disparu de la circulation, c’est aussi un peu elle. […] Et il y a toutes celles dont je ne peux pas citer le nom. » Anne Sinclair a fait son choix, celui du soutien inconditionnel à son époux. Les liens sacrés mariage...

Sur Voici.fr

DSK : la débandade

DSK: 3 féministes ukrainiennes seins nus devant chez lui, et lâché par les siens

News publiée Hier, Le Mercredi 2 Novembre 2011 à 13:19



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Les françaises sont tellement peu féministes que ce sont maintenant les ukrainiennes qui viennent à la rescousse.

ça sent le divorce .....

Jlm
Jlm

mes parents m'ont raconté ! J'ai cru à une blague !
mais non !
DSK doit être dans ses petits souliers !!!
Quelle tristesse quand même !
Vive les ukrainiennes !!!

Il fallait bien que ça arrive... et c'est tant mieux !!!! Ce type est tellement pitoyable !!!! Y en a un autre qui doit être dans ses petits souliers, c'est François Hollande, alias Flanby, qui doit bien baisser la tête, en attendant que la tempête passe !!!!

Qu'ils lui tournent le dos aujourd'hui, ça se comprend, ça commence à faire beaucoup d'histoires de C... C'est écoeurant et lassant à la fois....


Réponse à Jlm :
**** laches les féministes française jlm vous aviez votre place pour le discours



Jlm
Jlm

Réponse à Camile :

Je ne suis pas féministe pour deux sous ! A moins que de demander le respect est être féministe , je veux bien !
Par contre oui , je trouve les féministes françaises bien muettes et honte à elles !!!






Jlm
Jlm


Réponse à Anatole4 :

Je peux te poser une question : Doit-on être pour autant une féministe quand on demande du respect vis à vis de la femme ! Je ne vois pas le problème !

Il est vrai que je peux avoir des propos durs vis à vis des hommes !
Mais est-ce pour autant que je suis féministe ! Sincèrement je ne le pense pas !
J'ai des idées bien arrêtées concernant la vie et je pense que tu sais de quoi je parle, puisque nous avons eu pas mal d'échanges assez costauds !
J'ai peut-être une mentalité trop rude ! Mais je me l'applique à moi-même ! Cela peut te paraitre bizarre !
Il y a des choses que je respecte chez les féministes mais pas tout !
Par contre , si c'est être féministe en demandant aux hommes le respect , alors oui de ce côté là je suis féministe !
En tout cas converser avec toi est très intéressant !

sur purepeople.com

mercredi 2 novembre 2011

Affaire du Sofitel : on sent l’affolement chez les avocats de DSK


On a l'impression que les avocats de DSK changent sans cesse de stratégie, ce qui doit traduire une certaine fébrilité, pour ne pas pas dire une peu d'affolement.

Au tout début, si vous souvenez, les officiants de DSK disaient à la presse et ailleurs, que tout était si clair que le juge allait rejeter la plainte en moins de temps qu'il le faut pour une petite fellation en chambre.

Puis virage à 90 °, spécialité des aviateurs de voltige, bien que plus que sûrs de leur coup, ils ont réclamé l'immunité diplomatique pour leur client qui a des soucis avec les hommes du Carlton de Lille et qui a été reconnu menteur car déclaré agresseur sexuel par le parquet. DSK avait, lui aussi, tout d'abord déclaré lors de son arrestation qu'il avait cette immunité, puis quelques heures plus tard avait renié cette demande en disant que non, non, il ne voulait pas s'en servir. Mais voilà pour le procès civil, les avocats ont fait cette affirmation avec un nombre considérable de pages et de recherches, des raisonnements alambiqués, et un tableau de vendu - car ces gus-là ne vivent pas d'amour et d'eau fraîche - par la joyeuse cocue. Et amoureuse, oui amoureuse.

Mais voilà que les avocats de Diallo ont produit eux aussi un très long document qui se résume par : tout ça c'est de la tartufferie. Le Figaro : Selon Mes Thompson et Wigdor, Dominique Strauss-Kahn ne pouvait pas bénéficier de cette immunité en tant que directeur général du FMI. La convention de 1947 sur « les privilèges et immunités des institutions spécialisées des Nations Unies » et le droit coutumier international, invoqués par les conseils de l'ancien ministre, ne s'appliqueraient pas, selon les avocats de la femme de chambre qui développent cette partie de leurs conclusions dans un long mémoire. M. Strauss-Kahn « ne bénéficie pas d'une immunité absolue », concluent-ils.

A l'appui de leur argumentation, ils citent une abondante jurisprudence ainsi qu'un communiqué du FMI daté du 17 mai indiquant que l'immunité « est limitée et ne s'applique pas dans ce cas là ». Il souligne en outre que DSK s'appuie sur un traité dont les États-Unis ne « sont même pas partie »

Kenneth Thompson rejette une « tentative évidente pour retarder la procédure » qui « doit être rejetée dans son intégralité, car elle n'a aucune valeur et aucun sérieux ».

Au-delà de l'appartenance ou non des USA aux signataires de certaines des conventions citées, il y a un fait difficilement contournable qui est le communiqué du FMI qui déclare que DSK n'a pas cette immunité dont il se réclame.

Répétons sas cesse cette question : et pourquoi donc demander cette immunité si tout est si probant ?

Mais ce n'est pas tout car cette immunité a du plomb dans l'aile et pas qu'un peu, ce qui impose une autre virage sur l'aile encore valide de la part des avocats.

En effet depuis le lâche abandon de Vance il y a eu du purin qui a coulé dans les égouts. Il y a eu la condamnation par le parquet de Paris dans l'affaire Banon, il y a le Carlton de Lille et les avocats de Diallo ne vont pas se priver d'en parler : Kenneth Thompson affirme que les preuves relatives à « des agressions sexuelles antérieures » précisées au pluriel, sont bel et bien recevables, contrairement à ce qu'affirme DSK. Dans un des deux documents auxquels Le Figaro a eu accès, les avocats de la jeune Guinéenne estiment que le comportement passé de DSK vis-à-vis des femmes doit pouvoir être pris en compte dans cette procédure civile.

Ils s'appuient notamment sur l'affaire Tristane Banon que le parquet de Paris a classée récemment, tout en évoquant une « agression sexuelle » prescrite. « A la suite de l'attaque par Dominique Strauss-Kahn de la plaignante, il y a eu des articles de presse partout dans le monde à propos de ses infidélités (de DSK), de ses relations sexuelles passées et de sa participation à des débauches sexuelles (« orgies » en anglais) à New York, Washington et en France », écrivent ainsi Mes Kenneth Thompson et Douglas Wigdor. « Tristane Banon, une journaliste française, a accusé M. Strauss-Kahn d'agression sexuelle et de tentative de viol (…) », rappellent les avocats qui parlent de « l'histoire sexuelle sordide de M. Strauss-Kahn ».

Ils mentionnent également un incident survenu, selon eux, le 14 mai 2011 dans l'avion d'Air France à bord duquel se trouvait DSK juste avant son arrestation. « Quel beau c… ! », aurait dit à une hôtesse le passager VIP. « Une remarque crue qui traduit son attitude générale envers les femmes », avancent les avocats de l'employée du Sofitel.

Si sûrs d'eux, ces avocats ont été bien imprudents et ce qui s'était retourné contre Diallo va maintenant se retourner contre leur client. Les déclarations inconsidérées à la presse : Enfonçant le clou, Kenneth Thompson s'amuse à citer un article dans le Washington Po st dans lequel l'avocat de DSK dit de son client : « Il n'est peut-être pas un ange, mais il n'est pas un agresseur. Il avait une réputation, de séducteur certes, dans des relations consensuelles, pas d'homme violent ». Une telle « propagande » ironise Thompson qui suit de près le scandale du Carlton, « contredit » les arguments de DSK selon lesquels Nafissatou Diallo n'aurait d'autre objectif que de « l'embarrasser ».

Et pourquoi donc les avocats de DSK s'affoleraient-ils ? Rien dans tout ceci ne le montrerait selon les sbires de DSK sauf que ces arguments sont percutants et sauf que ceci (Le Point) : Les avocats de Dominique Strauss-Kahn ont demandé une masse d'informations au Sofitel, dans le cadre de la procédure civile entamée à New York contre DSK par la femme de chambre Nafissatou Diallo. Selon des documents de justice publiés mercredi, ils ont notamment assigné le Sofitel pour obtenir les éventuels comptes rendus de toutes les déclarations qu'aurait pu faire Nafissatou Diallo, par écrit ou à l'oral, sur son agression présumée.

Ils réclament toutes les informations disponibles sur les entrées et sorties de la suite occupée le 14 mai par l'ancien patron du FMI, le détail de l'emploi du temps et des affectations de Nafissatou Diallo entre le 1er janvier et le 31 mars 2011, ainsi que "tous les documents qui pourraient faire référence à l'agression sexuelle supposée". Ils exigent les éventuels comptes rendus de toutes les déclarations qui pourraient avoir été faites par des employés, des clients ou d'autres personnes en liaison avec Dominique Strauss-Kahn ou avec l'agression sexuelle présumée.

Alors que Vance les avait bien aidés, voilà qu'ils réclament tout et n'importe quoi (on va le voir). Pourquoi donc toutes ces demandes si leur argumentation de l'immunité de DSK était imparable ? Ils se préparent donc à une autre attaque, différente de la première et de la deuxième. Qu'en pense Vance ? Trois versions différentes des avocats de DSK pour sa défense, cela ne lui dit rien ?

Dans ceci j'y vois deux possibilités : l'affolement ou gagner du temps, ou les deux mon Général. En effet ils semblent demander des éléments déjà en leur possession ou bien qui sort du cadre de la plainte au civil : Le Sofitel doit également remettre le détail des appels téléphoniques passés depuis la chambre 2820, qu'a nettoyée Mme Diallo le 14 mai et dans laquelle elle serait retournée après l'agression présumée. Le Sofitel a objecté à certaines de ces demandes, faisant valoir qu'elles étaient trop vagues, ambiguës, qu'elles recherchaient des informations qui n'étaient pas utiles à la procédure civile ou, à l'inverse, redemandaient certains documents déjà transmis. Les avocats de DSK ont donné 20 jours au Sofitel pour s'exécuter, un délai également jugé trop court par les avocats du Sofitel.

Petit à petit on va bien finir par avancer. Ces trois défenses différentes nous prouvent en tout cas que cela manque de sérénité du côté des avocats de DSK. Tout le beau tableau du personnage gentil, un peu penaud présentant ses excuses, juste un peu trop dragueur, un charmeur si bien élevé, suit le destin du Portrait de Dorian Gray. Le temps fait son œuvre. Et ce n'est pas au profit de DSK. Il se pourrait que le vent tourne et devienne violent.

Sur Agoravox