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jeudi 31 mai 2012

Affaire DSK/Diallo : la procédure pénale à New York, un foutoir total, d'après John Solomon

Affaire DSK contre Diallo: un livre dénonce les erreurs de la procédure pénale à New York

Créé le 31-05-2012 à 18h46 - Mis à jour à 18h46


Erreurs et approximations dans l'enquête, manque d'expérience et luttes internes ont pesé lourd dans le classement de la procédure pénale contre Dominique Strauss-Kahn à New York, affirme un livre à paraître aux Etats-Unis qui tord aussi le cou aux théories du complot.
"DSK, le scandale qui a fait chuter Dominique Strauss-Kahn", qui sort le 5 juin, a été écrit par John Solomon, le journaliste ayant interviewé la femme de chambre Nafissatou Diallo pour Newsweek.
Il raconte par le menu l'enquête, ses coulisses et ses acteurs, et les passions qui ont fait rage dès le moment où la femme de chambre guinéenne a affirmé le 14 mai 2011 à une supérieure du Sofitel qu'un "homme aux cheveux blancs" l'avait forcé à une fellation.
Selon lui, la police de New York et le procureur ont commis des erreurs dès le début.
Le 14 mai, conduit dans un commissariat de Harlem, DSK ne sera pas interrogé pendant plus de six heures, rapporte-t-il. Ce délai empêchera d'avoir sa version des faits: à 23H00, son avocat, qui l'a enfin localisé, lui enjoindra en effet de ne pas parler.
Le procureur élu de Manhattan Cyrus Vance occupait ses fonctions au moment de l'affaire depuis 16 mois. Son travail, écrit John Solomon, a été celui d'un "procureur inexpérimenté, projeté dans l'arène alors qu'il n'était pas encore prêt".
Cela explique selon lui l'inculpation au pas de charge de DSK et "la réaction excessive dans l'autre direction" quand seront découverts les mensonges de Nafissatou Diallo sur son passé.
Il souligne également que la responsable de la section des crimes sexuels de l'équipe Vance, Lisa Friel, 25 ans d'expérience, a été écartée au profit de deux procureurs spécialistes des affaires de meurtre, dont "aucune n'avait l'expérience, la formation, ou le tempérament pour traiter avec une femme de chambre immigrée compliquée".
"Le début de la fin"
Elles prendront selon lui très mal en juin le fait que Diallo ait menti, en affirmant avoir été victime d'un viol collectif en Guinée: un récit "embelli" d'un viol réel, concocté quelques années plus tôt pour obtenir l'asile aux Etats-Unis.
Peu importe que ses collègues lui ayant parlé au Sofitel soient tous convaincus par le récit d'une collègue analphabète qu'ils décrivent comme timide et travailleuse. Peu importe les éléments matériels corroborant ce récit.
"C'était le début de la fin de la procédure pénale contre DSK. Et les jours suivants verront une escalade dans les insultes entre l'équipe des procureurs et l'avocat de Diallo", écrit Solomon.
Des fuites dans la presse empoisonnent un peu plus le climat.
Pourtant, écrit l'auteur, l'avocat du Sofitel, Lanny Davis, juriste chevronné, a lui aussi interrogé Nafissatou Diallo et s'est dit "convaincu".
L'ouvrage explique aussi que la femme de chambre ne voulait pas parler à la police, craignant de perdre son travail. Ce n'est qu'après avoir été rassurée, qu'elle aurait accepté.
L'auteur affirme aussi que le signal du BlackBerry perdu par Dominique Strauss-Kahn a montré "qu'il s'éloignait de l'hôtel" lorsqu'il a cessé d'émettre, contredisant l'idée selon laquelle il aurait été volé par Diallo.
John Solomon affirme aussi que les procureurs ont affirmé à tort qu'elle avait changé sa version sur ce qui s'était passé après l'incident.
Quand elle explique le 28 juin, via un traducteur remplaçant --Diallo parle un dialecte fulani-- qu'elle a nettoyé la suite voisine de celle de DSK, les procureurs comprennent qu'elle parle d'après l'incident. Mais selon les relevés des clés magnétiques, c'était avant. "Ils n'ont jamais admis qu'il était possible qu'ils n'aient pas compris Diallo sur la séquence des événements", écrit-il.
Et il affirme que ce n'est pas Nafissatou Diallo qui a mentionné au téléphone dans une conversation en fulani le 16 mai que DSK était un homme riche, mais son "ami" emprisonné Amara Tarally.

Sur LeNobs.fr

DSK, l'éternel retour

"La femme de chambre qui accuse l’ancien patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, d’agression sexuelle au Sofitel de New York vient d’ajouter à sa plainte au civil la notion de violence ciblée contre les femmes. Les avocats de Nafissatou Diallo y écrivent que leur cliente a été attaquée en mai 2011 « parce qu’elle est une femme, et au moins en partie, parce qu’il (DSK) est hostile aux femmes ». Les avocats dénoncent notamment le « comportement misogyne répété » de Dominique Strauss-Kahn envers le sexe opposé et l’accusent de « comportement violent répété envers les femmes ».

A t-on pu lire la semaine dernière dans l'Alsace ainsi que dans beaucoup d'autres journaux en ligne ou en papier.

On a pu se dire "ouf !" Nafissatou ne s'est pas laissée couler par l'incroyable plainte pour douleur morale (pauvre agresseur (...présumé, hein ! j'en vois là-bas qui rigole...chut, enfin ! On ne plaisante comme ça avec la vénérable "présomption d'innocence", s'il vous plaît !)) qui n'a pas pu avoir à la fois le beurre et l'argent du beurre et qui doit mariner dans son jus au lieu d'être calife à la place du calife !) mais voilà que le culbuto s'est encore redressé et a obtenu de bavasser dans la presse à propos de l'affaire du Carlton.
Gageons qu'il va recommencer sa litanie victimaire ?

Lynchage, acharnement et persécution, on vous dit ! Un pépère si sympa ! Pourquoi lui en veut-on ? À lui qui "respecte" les femmes ? Pourtant Cyrus Vance l'a dit : il est I-NNO-CENT !

Même s'il ne l'a jamais dit....

mardi 29 mai 2012

Être à la tête du FMI rend-il particulièrement bête et méchant ?

(Je n'approuve pas intégralement cet article. Par exemple je ne suis pas d'accord avec le postulat de l'auteur selon lequel ce qui nous différencierait des animaux serait la mémoire. Les animaux ont aussi de la mémoire. Ce qui nous en différencie si toutefois il faut chercher une différence, ce serait plutôt la vanité) 

3. Les guéguerres dans la guerre

L’occasion fait le larron. Il m’est donc impossible de ne pas commencer cette partie par les déclarations de Christine Lagarde. Larmoyante et pompeuse, la présidente du FMI s’aventure sur le chemin glissant de la morale : il faut, dit-elle, que les grecs paient leurs impôts. Outre le fait que les seuls grecs exonérées d’impôts soient les riches hommes d’affaires, les armateurs et l’église orthodoxe, et que donc « payer des impôts » s’adresse aux couches les plus défavorisées de la société grecque déjà saignés à bloc, il faudrait lui rappeler que comme ministre de l’économie et des finances elle avait défendu bec et ongles le bouclier fiscal sarkozyste, avec le raisonnement immoral (se disant pragmatique) que les riches, quand on les impose, ils s’en vont ailleurs. Elle n’a pas non plus hésité à faire un cadeau phénoménal à la personnification même de l’immoralité affairiste en faisant de Tapie de nouveau un millionnaire. A l’époque, comme un peu avant, quand elle travaillait pour Baker et McKenzie (fusions acquisitions, défiscalisation, délocalisation, etc.), son boulot n’était pas particulièrement transcendé par la morale.
Plus généralement, la morale a très peu à voir avec le système économique dont Mme Lagarde est un des gardiens du temple. Ce système, basé sur la vitesse, la réactivité et l’opportunisme se méfie comme de la peste d’une qualité essentielle de l’homme, une de celles qui le différencie des autres animaux : la mémoire. Le système, auquel elle sacrifie, investit sur la perte de mémoire collective, sur les statistiques comptables plutôt que la réflexion, s’appuie sur des modèles mathématiques qui déshumanisent les hommes, les transformant en valeur - travail, valeur – réseaux, valeur – influence, valeur – patrimoine, etc. Ainsi, Lagarde ne veut pas voir et savoir comment le FMI a clos le cycle post colonial africain, qui avait massivement créé les cultures de rente détruisant celles de subsistance et rendant la famine endémique sur ce continent. La baisse tendancielle des prix agricoles, ouvrage bien ficelé du tandem FMI-OMC y a augmenté les cohortes d’affamés, et le coup fatal a été donné par les plans de réajustement structurels qui ont eu comme premier effet la destruction de tout ce qui restait de l’Etat de droit et de la démocratie (Sénégal, Côte d’Ivoire, Kenya, etc.) sur le continent noir. Le tropisme des institutions internationales (ONU, OMC, FMI, Banque Mondiale, etc.) à discourir sur la « bonne gouvernance » et des succès story anticorruption allant de pair avec un laisser aller dérégulateur qui transformèrent les multinationales pétrolières, le BTP, les compagnies d’extraction, de téléphonie, en structures néocoloniales prédatrices et en partenaires obligés et obligatoires des cleptocrates « élus » ou imposés par les armes. Lorsque Lagarde parle de pauvres enfants du Niger, elle parle de ce résultat. Ce dernier, pour revenir au sujet, c’est ce dont elle rêve sans doute pour le reste du monde.
Comme les statistiques impersonnelles ont remplacé la culture du résultat (et pour cause), les mots sont à leur tour travestis : développement, croissance, criminalisation du politique, lutte contre la corruption et la fraude fiscale signifient leur contraire. A l’exception d’une petite poignée, l’ensemble des Etats de l’Afrique sub-saharienne se trouve dans une situation pire que celle des années 1990, déjà catastrophiques. Tandis que personne, sauf quelques dictateurs folkloriques (et encore), ne rendent des comptes, on continue comme si rien n’était tandis que l’évidence frappe avec fracas la porte de l’entendement et de la morale.
Le système auquel croit Lagarde est par définition immoral. On pourrait le résumer par deux adages populaires, on ne prête qu’aux riches et la loi du plus fort est toujours la meilleure. Pour cela, il est volontairement amnésique et évite comme le diable la confrontation avec le résultat. En d’autres termes, la gouvernance du monde est abandonnée à des cyniques, des immoraux et des inefficaces. S’il voyait plus loin que le bout de leur nez en 2010, le FMI aurait évité la crise grecque en mettant sur la table un peu moins que vingt milliards d’euros. Si on était dans un monde moral, les quelques centaines de milliards d’euros octroyés au système financier défaillant en 2008-2009 auraient été le moyen d’entrer dans les directions des banques et avoir son mot à dire. Si on était efficace, on aurait posé la question africaine : à qui appartient la terre et ses ressources naturelles, au lieu de les piller, et laisser les multinationales de l’agroalimentaire les accaparer pour 99 années. Si on était tout cela à la fois, on discuterait de la mutualisation de la dette ce qui permettrait de dégager un long terme sain, pour une économie européenne saine. Mais pour le seul profit spéculateur et égoïste, on s’attarde, on s’essouffle, on se contredit et se neutralise, tandis que les nouveaux défis (eau, énergie, démographie, matières premières, développement durable, etc.) dessinent de manière autonome l’élargissement du domaine de la guerre.
A suivre : Articulation des nouveaux conflits globaux

Sur Agoravox

lundi 28 mai 2012

Après Nafissatou Diallo, Christiane Taubira. Revoilà le double racisme

(Je viens de trouver sur mon blog personnel la recherche suivante : "Taubira est laide". Cela nous ramène aux "bonnes" heures du "Nafissatou est laide" qui signifie qu'une femme noire qui n'est pas mannequin chez Prada n'est pas "belle" donc digne de s'exprimer en public dans la mentalité nauséabonde d'une "bonne" frange de la société que nous supportons depuis des décennies.)

 Le PS organise la protection rapprochée de Christiane Taubira

LE MONDE |
"J'ai traversé l'Atlantique pas loin de deux cents fois déjà, perdant chaque semaine une nuit de sommeil, vieillissant plus vite que tout le monde, opérationnelle pourtant dès mon arrivée, matant le choc thermique, ferraillant sans relâche, accusant les coups, les rendant au centuple, avançant résolument, obsédée par les confiances à ne pas trahir, les espoirs à ne pas décourager." Cyrano de Bergerac ? Non, Christiane Taubira. Elles sont bien de la nouvelle ministre de la justice, ces lignes, et elles décrivent sa vie de femme politique entre deux continents, dans son autobiographie Mes météores, parue en mars (Flammarion, 560 pages, 21,90 euros).
C'est peut-être après les avoir lues que le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a décidé de prendre son temps avant de lancer clairement l'opération "Il faut sauver le soldat Taubira". Car la garde des sceaux fait l'objet, depuis sa nomination, de violentes attaques de l'UMP, surtout de son aile droite, la Droite populaire, mais qui sont désormais assumées et reprises jusqu'au secrétaire général du parti d'opposition, Jean-François Copé.
L'ancien premier ministre François Fillon, sur RTL, jeudi 24 mai, a cité, en tête des erreurs gouvernementales, "Mme Taubira et ses annonces". Depuis sa nomination sont attaqués, pêle-mêle, son passé autonomiste, son "laxisme", après l'annonce de la suppression des tribunaux correctionnels pour mineurs, et une phrase qui lui est attribuée - "brûler des drapeaux français, c'est un geste de liesse pardonnable" -, phrase que la ministre de la justice n'a jamais prononcée.
Mercredi, sur RTL, l'éditorialiste Eric Zemmour l'a accusée de choisir ses victimes : d'un côté, les femmes et les jeunes de banlieue, qu'il convient de protéger, de l'autre, les "hommes blancs", forcément coupables de tous les maux.
"TIENS-BON !"
Si les poids lourds du gouvernement restent pour l'instant silencieux, certains ministres ont décidé de défendre Mme Taubira, comme Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, qui s'est déclarée "atterrée" par les attaques, ou encore Delphine Batho, ministre déléguée auprès de la garde des sceaux, qui a mis en cause le bilan de l'opposition sur la justice.
Le Parti socialiste va se charger jour après jour de la riposte. L'encouragement de sa première secrétaire, Martine Aubry - "Tiens bon !", lui a-t-elle lancé mercredi -, devrait être suivi rapidement de réactions plus politiques. Evoquant, mardi, la nécessité d'une riposte au bureau national du PS, le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis a recueilli une large approbation.
DIVISIONS DE FOND
L'attaque du PS devrait se faire sur deux fronts. D'abord, interpeller M. Copé sur sa déclaration selon laquelle "on vote Front national, et on se retrouve avec Christiane Taubira". Stratégie que le fabiusien Guillaume Bachelay, l'un des porte-parole de la campagne du PS pour les législatives, définit ainsi : "Montrer que le gouvernement travaille sur le fond, tout en laissant la droite toucher le fond."
Ce premier angle d'attaque aurait l'intérêt, selon M. Cambadélis, de faire apparaître les divisions de fond qui fragilisent l'opposition. "Il y a clairement la ligne Copé, que nous allons attaquer, et la ligne Fillon, qui s'en tient à un discours gestionnaire. Ou se trouve le centre de gravité de l'UMP ? Chacun va devoir se positionner par rapport à la phrase plus que limite de Copé", estime M. Cambadélis.
Mais le PS compte bien attaquer aussi le bilan de Nicolas Sarkozy sur la justice. "Nous n'avons aucune leçon à recevoir d'eux", assure M. Bachelay.
"PULVÉRISER CES BAVASSEURS"
"J'aimerais bien que l'opposition réponde à la question suivante : comment peut-on nous expliquer que les banlieues sont des endroits de cauchemar, des lieux de non-droit où les immigrés font la loi, et dire en même temps que la politique pénale qu'ils ont menée pendant dix ans est efficace ? Si leur bilan est bon, alors tout va bien. Et s'il ne l'est pas, Christiane Taubira a raison de se poser des questions sur ce qui a été fait", tranche M. Cambadélis.
La principale intéressée se retranche dans le silence. "C'est mon action et mes résultats qui parleront pour moi", a-t-elle seulement glissé mercredi, interrogée par des journalistes dans la cour de l'Elysée. Si Mme Taubira se refuse pour l'heure à tout commentaire, ses amis sont rassurés sur sa capacité à encaisser les coups.
"Te fais pas de soucis, j'aime que les ennemis (ce ne sont plus des adversaires) se découvrent. Dommage simplement que je ne puisse pas répondre aussi librement qu'avant, étant tenue par la nature régalienne de ma charge. Sinon, j'aurais déjà pulvérisé ces bavasseurs", écrivait-elle par SMS mercredi à son vieil ami Gabriel Cohn-Bendit.

vendredi 25 mai 2012

Attaque contre Taubira qui veut réinscrire dans le code pénal le délit de harcèlement sexuel


Que cessent les attaques d'Eric Zemmour contre Christiane Taubira

LE MONDE | • Mis à jour le

Depuis la formation du gouvernement, Christiane Taubira, nouvelle ministre de la justice, fait l'objet de critiques répétées. Accusée d'angélisme, de communautarisme et d'un passé indépendantiste par le Front national et l'UMP, elle semble concentrer les espoirs les plus fous de la droite et de l'extrême droite. Et si cette ministre était l'épouvantail parfait pour poursuivre la dynamique suintant le racisme qui aurait permis à Marine Le Pen de réaliser un score élevé à l'élection présidentielle et à Nicolas Sarkozy de "limiter la casse" le 6 mai ?
Ces attaques sont sournoises et masquées. Les détracteurs se défendront de vouloir mobiliser une partie de l'électorat contre la couleur de peau de Christiane Taubira, tout comme ils se défendirent de tirer sur Rachida Dati en raison de ses origines maghrébines lorsque celle-ci accéda à la même fonction régalienne.
Lors de sa chronique du 23 mai sur RTL, Eric Zemmour ne prit pas de telles précautions. Attaquant Christiane Taubira sur sa volonté de réinscrire dans le code pénal le délit de harcèlement sexuel invalidé par le Conseil constitutionnel, il s'épancha une fois de plus dans un positionnement digne de ce machisme grossier dont il ne se départ plus.
Car, pour Eric Zemmour, le délit de harcèlement sexuel est une entreprise dirigée contre les hommes. Peu importe que les lois de 1992 et de 2002 sur le harcèlement sexuel n'identifient évidemment pas le sexe des auteurs et des victimes potentiels. Il ne s'arrête pas à ces détails qu'un minimum de déontologie journalistique lui aurait pourtant commandé de présenter.
Mais Eric Zemmour va plus loin en exhumant sa vision racialisée de la société. Car qu'on se le tienne pour dit : le délit de harcèlement sexuel n'est pas simplement une attaque contre les hommes, réduits à ne plus pouvoir se détendre avec une petite main aux fesses ou à travers la sollicitation contrainte de faveurs sexuelles. Non, pour Eric Zemmour, ce que Christiane Taubira attaque, ce sont les hommes blancs.
Des hommes blancs qu'il prétend "défendre" (n'a-t-on pas connu meilleure protection ni meilleur avocat ?) en exaltant le bon temps de l'infériorité des femmes, des Noirs et des Arabes. Pour Eric Zemmour, la marche vers l'égalité qui est en train de mettre fin aux anciens rapports de sujétion est vécue comme une lente, douloureuse et inexorable chute qui n'est pas, à la lecture et à l'écoute de ses "pensées", sans créer chez lui un manifeste complexe de castration.
Complexe encore une fois présent dans sa chronique anti-Taubira puisque, au fil de ses élucubrations, Eric Zemmour nous gratifia de nouveau d'une vision des jeunes de banlieue, traversée de la crainte de leur puissance et de leur violence (remarquons au passage qu'Eric Zemmour glisse, en matière de délinquance, de la question des mineurs à celle des jeunes de banlieue).
Or, il est utile de rappeler que la vision que se fait Eric Zemmour des jeunes de banlieue est également très racialisée, comme le montrèrent les débats judiciaires qui aboutirent à la condamnation pour incitation à la discrimination raciale prononcée à son encontre le 18 février 2011.
Selon Eric Zemmour, l'"homme blanc" verrait donc sa virilité remise en cause par celle d'hommes noirs et arabes qui, eux, ne seraient pas soumis à la féminisation imposée aux hommes blancs par les militants pour l'égalité. Espérons qu'un jour les complexes d'Eric Zemmour se résoudront sur un divan plutôt que par l'expression radiophonique d'une haine quotidienne obligeamment permise par la sollicitude de RTL à l'endroit de ce personnage.

Patrick Besson et son édito sexiste sur les femmes ministres : ne nous fâchons pas


Modifié le 24-05-2012 à 19h19
 Temps de lecture : 3 minutes

LE PLUS. Dans son dernier édito, Patrick Besson, après avoir dézingué François Hollande, s'en prend directement et de manière sexiste aux femmes ministres du gouvernement. "Pourquoi attendre avant de se fâcher avec le nouveau pouvoir ?" demande-t-il. Surtout, ne lui accordons pas ce plaisir.

Édité par Louise Pothier   Auteur parrainé par Aude Baron
Les femmes du gouvernement Ayrault, le 17 mai 2012 (LIONEL BONAVENTURE / AFP)
Les femmes du gouvernement Ayrault, le 17 mai 2012 (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Le dernier édito de Patrick Besson fait polémique, ce qui venant d'un habitué de la provocation n'a en soi rien d'étonnant.

Dans cet éditorial publié sur "le Point", Patrick Besson, après avoir comparé François Hollande à un petit enfant égaré et penaud, s'en prend aux femmes du gouvernement : leur physique, leur beauté, leur fonction, leur insignifiance, le tout avec un sexisme gras et outrancier, teinté de racisme, n'hésitant pas à comparer Matignon à un lupanar.

"La parité, ça fait un peu partouze straight. Dix-sept femmes pour dix-sept hommes. Un homme par femme."

Ce billet a pour titre : "Pourquoi attendre de se fâcher avec le nouveau pouvoir ?" et c'est sans doute bien là l'idée : se fâcher avec la terre entière.

La première pensée qui me vient à l'esprit, une fois passée l'envie d'attraper un marteau et de lui dézinguer la tronche à grands coups de talons aiguilles, c'est que ce billet n'a d'autre but que de faire parler de lui et que c'est malheureusement ce que je fais encore ici.

À chaque jour son gros ou maigrelet con sexiste

Avant hier, c'était Salviac et son tweet sexiste, hier c'était Zemmour et sa chronique sexiste ET raciste, aujourd'hui c'est donc au tour de Patrick Besson de faire parler de lui.

Au passage, on peut s'étonner de ce "2 poids, 2 mesures" qui a fait réagir si vite RTL au tweet de Salviac et les a laissé de marbre devant la chronique de Zemmour, jusqu'au compte Twitter de RTL France, qui, imperturbable, a continué à diffuser ses petites affaires sans daigner répondre aux nombreuses interpellations des nombreuses personnes indignées par les propos de Zemmour.

Comme quoi, il y a certaines polémiques plus acceptables que d'autres et sans doute plus rentables ou opportunes.

"Don't feed the troll"

Tous ces chroniqueurs, ces éditorialistes, les Zemmour, Salviac, Rioufol, Besson, FOG et consorts ne sont finalement rien d'autre que de vulgaires trolls, maniant certes le verbe avec brio (encore que pour Salviac, ça se discute), des trolls cultivés, des trolls brillants, ou semblant l'être, mais rien d'autre que cela.

De vulgaires trolls sous le vernis littéraire et docte dont l'unique objectif est de créer la polémique, pour mieux se retrancher devant les attaques qu'ils ne manqueront de susciter derrière la dictature de la pensée unique, ou cette liberté d'expression qu'on bafoue, justifiant ainsi toutes leurs outrances.
Ou mieux encore, leur permettre, tel Bruno Gollnisch, qui trouve d'ailleurs Patrick Besson "talentueux",  de brandir ce foutu "terrorisme intellectuel".

Des trolls qui squattent sans vergogne tous les médias et à qui, finalement, on offre complaisamment des tribunes, des heures d'antenne, et à qui on permet des pétages de plomb sexistes ou juste vulgaires et grossiers sans que jamais rien ne se passe.

Cela fait de l'audience, de la page vue et du numéro vendu, soyons honnêtes et réalistes.


Des trolls de luxe, inamovibles à qui il conviendrait pourtant d'appliquer la sacro-sainte règle d'or des blogs et réseaux sociaux : "Don't feed the troll."

Si il est normal et souhaitable que les réseaux féministes réagissent à ce type de propos, il serait surtout souhaitable que les ministres interpellées se gardent bien, elles, de réagir.

Il y aura bien assez de réactions comme cela.


Après ces cinq dernières années de polémiques à répétition, de violence, d'exagération, on a aujourd'hui l'impression d'être pris dans une spirale infernale, où à chaque excès répond une nouvelle enflure.

Alors qu'on pourrait espérer de tous ces éditorialistes, de tous ces chroniqueurs, forcément plus clairvoyants, forcément plus sages et plus spirituels que le commun des éditorialistes, puisqu'on les voit partout, c'est exactement l'inverse qu'ils nous proposent.

Aucune tempérance, aucune modération, aucun apaisement.

À l'arrogance et la vulgarité, au sexisme, au racisme de certains politiques répond malheureusement celle de ces notables des médias que l'on aimerait bien voir remplacés par des esprits plus avisés, plus sages, plus jeunes, plus rassembleurs et surtout plus féminins.

Et à qui il conviendrait, plutôt que d'exiger leur tête sur un piquet ou sur le billot, d'opposer la plus belle des indifférences, le plus beau des mépris en vertu de cette phrase de Talleyrand : "Tout ce qui est excessif est insignifiant".

"Là où tant d'hommes ont échoué, une femme peut réussir" disait-il également.

N'en déplaise à tous ces vieux cons.

Sur Leplusnouvelobs.com

jeudi 24 mai 2012

J'aggrave mon cas

L'éditorialiste du Point Patrick Besson et auteur de "J'aggrave mon cas" aggrave en effet salement son cas avec l'article ci-dessous. Pour lui les femmes du gouvernement ne sont que de ces typus érotiques féminins (la geïsha, l'ingénue, la shéhérazade, etc..) qui se consomment dans un bordel. Ce qui prouve bien que tant que la prostitution ne sera pas abolie nous serons toujours et partout des sales putains que nous nous prostituons ou non.
Apparemment grand amateur de bordel , l'auteur de "Come Baby" confond sa fiction et la réalité. Il faut dire qu'au pays de DSK on ne peut guère s'en étonner. 




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