ANgrywOmeNYMOUS


vendredi 26 juin 2015

l'affaire d'Outreau a été politiquement conduite pour discréditer à jamais la parole des enfants victimes

Extrait d'un article paru sur Agoravox à propos de l'affaire d'Outreau :

« .....
- Juillet 1997 : quelques personnes d'Outreau (des travailleurs sociaux ?) viennent en Belgique à l'occasion d'une marche blanche organisée dans la ville côtière de La Panne pour témoigner d'une attitude inadmissible de la Justice du Pas-de-Calais qui, selon eux, ferme les yeux sur un réseau pédocriminel comprenant des " personnalités locales ". Ils s'adressent à moi et je leur conseille de prendre langue avec Carine et Gino Russo, parents de l'une des victimes de Marc Dutroux, ainsi qu'avec le journaliste Michel Bouffioux, tous trois présent à cette manifestation. Je n'ai pas eu connaissance des suites.
- 1999/2000 : une cellule des Renseignements généraux français est venue en Belgique enquêter sur l'affaire Dutroux et son traitement par la société belge, société civile comprise. Cette cellule s'est également adressée à moi et m'a avoué, lors de notre deuxième rencontre, à Lille, avoir été mise sur pied pour éviter que la France ne soit déstabilisée par une affaire de même nature que l'affaire Dutroux.
- Juillet 2001 : Thierry Billard, directeur littéraire aux éditions Flammarion, m'a révélé que l'éditeur subissait une pression politique et diplomatique qu'il n'avait jamais éprouvée à un tel point, pour renoncer à la publication du livre Dossier pédophilie, le scandale de l'affaire Dutroux, co-écrit par un journaliste d'investigation luxembourgeois, Jean Nicolas, et moi. Devançant la capitulation imminente de l'éditeur, Jean Nicolas, homme vénal, je le découvrirai plus tard, mais remarquable "fouille-merde", était parvenu à se procurer les fichiers informatiques de l'ouvrage chez l'imprimeur et a menacé Flammarion de publier ailleurs notre livre, ce qui a décidé Flammarion à éditer notre travail pour le saboter dès la sortie. Je pourrai vous détailler tout cela. Il y a eu deux suites judiciaires à cette affaire, l'une à Paris en 2001, l'autre à Bruxelles, nouée également en 2001 elle vient de trouver un épilogue en cour de Cassation de Belgique.
- Juillet 2001 toujours : les autorités belges sabotent la commission rogatoire internationale du juge Fabrice Burgaud, visant notamment à documenter le volet de l'enquête concernant l'huissier Alain Marécaux. Lorsqu'enfin l'autorisation d'enquêter en Belgique fut accordée au juge français, le ménage avait été fait.
- 1er mars 2004 : ouverture du procès Dutroux, Nihoul et consorts à Arlon.
- 4 mai 2004 : ouverture du procès d'Outreau à Saint-Omer.

Les faits que je résume par cette chronologie sommaire ouvrent nécessairement l'hypothèse que l'affaire d'Outreau a été politiquement conduite pour discréditer à jamais la parole des enfants victimes. Pour vérifier la pertinence de cette hypothèse, il faudra examiner les basculements de la presse tant en Belgique qu'en France, comparer les dynamiques des deux commissions parlementaires, reprendre le fil de l'instruction belge et le comparer avec celui de l'instruction française, y compris les instructions d'audience en cours de procès. Et faire ressortir par des faits les blocages internes des deux côtés. C'est un gros travail mais tous les documents existent, les témoins aussi. La condition faite à tous les enfants, victimes passées, présentes et à venir, nous l'impose. Nous l'impose à tous, qui que nous soyons. 

Je suis bien entendu, Maître, à votre entière disposition,

Frédéric Lavachery

Président du Centre Haroun Tazieff pour les Sciences de la Terre.

mercredi 24 juin 2015

"Je ne sais pas si la justice a été rendue (...)"

Titre de l'article = citation de maître Forster à l'issue du procès Outreau 3 : "Je ne sais pas si la justice a été rendue mais elle a été énoncée".

(Je reproduis ici un article sur celui qui vient d'être RÉ-acquitté dans l'affaire d'Outreau. Mais des témoin(e)s possiblement à charge ont été gentiment invité(e)s à rester chez eux si l'on croit cet article. Les témoin(e)s que l'on a convoqué(e)s, on se le rappelle, ont été les ancien(ne)s acquitté(e)s d'Outreau 1 qui ont tous assuré ne pas connaître l'accusé et dans la foulée qu'il est innocent. Il est donc désormais possible de venir proclamer l'innocence d'inconnus (sans "e" parce que cela ne doit valoir que pour les hommes) si un avocat vous le demande gentiment. Mais, pourquoi faire, s'il est inconnu, me demanderez-vous ? Réponse : parce que !).

Article tiré de Le blog de Caprouille publié sur Médiapart

samedi 20 juin 2015

SILENCIÉE !

Je l'apprends à mes dépends : il est interdit de dire qu'Outreau n'est pas synonyme d'erreur judiciaire, d'accusation à tort et de tort qui tue.

La presse est unanime même la presse dite indépendante comme, entre autres, le Canard enchaînée (cf. son article "Outreau tous les jours" n° du 10.6) : il faut se méfier des enfants menteurs qui accusent à tort de pauvres adultes innocents d'avoir porté atteinte à leur intégrité car ils font cela uniquement dans le but de leur nuire.
Et cette nuisance, à partir du procès d'Outreau qui a reconnu 12 victimes de viols et de proxénétisme mais n'a trouvé aucun client, a un nom : Outreau.

Oui, car les enfants sont par essence anti-adultes et conspirent volontiers entre eux jouant de leur faiblesse (qui n'est qu'apparente, bien sûr) pour crier "au viol" dès qu'on leur refuse une faveur, un bonbon, un jouet, la télé, que sais-je. Des tyrans en herbe, des dictateurs en jupette et culotte courte, des sournois(es) en couche jetable, des monstres en barboteuse, de la malfaisance imberbe et miniature perfidement à l'oeuvre.

Sur twitter il existe un hashtag "Outreau" où tous les tenants de la thèse des mensonges et des "faux souvenirs" d'enfants se réunissent pour communiquer des liens attestant la très grande valeur valable de leur théorie de la conspiration enfantine + se tiennent chaud à coup de "révisionnistes" (l'anathème suprême contre leurs opposant.e.s) leur petit mot fétiche.
Sur le même hashtag d'autres intervenant.e.s dont moi, martèlent, à l'inverse de ces négationnismes du pédosadisme, que la théorie des enfants menteurs ou atteint d'Alzheimer est extrêmement dommageable pour les enfants victimes car, en étant considérés À PRIORI comme menteurs/euses, ils sont tout simplement contraint.e.s de se taire.

Dans le premier jugement d'Outreau, on a vu l'avocat de la défense traiter directement les enfants de menteurs après qu'ils aient été placés dans le banc des accusés. Cet acte est une infraction totale à toutes les conventions des droits de l'enfant signées par la France mais pas un.e journaliste pour le dire !

Nier que l'intégrité des enfants peut être violée quand un adulte enfreint ses limites physiques sans son consentement c'est laisser la voie libre aux violeurs d'enfants, cela tombe sous le sens!

Mais voilà : pour les théoriciens du mensonge enfantin et de sa mémoire défaillante, il n'y a tout simplement pas de violeurs d'enfants. Et s'il y en a, ce n'est ni en écoutant les enfants, ni en écoutant les parent(e)s/tuteurs/trices protecteurs/trices, ni non plus les pédopsychiatres, ces "faux-sachant.e.s" (sic) qu'on peut le savoir. C'est seulement si le violeur d'enfant en parle lui-même tout seul comme un grand. Et encore. Il aura confondu.

Alors toutes les personnes qui cherchent à remettre le discours à l'endroit, car l'enfant n'est évidemment pas dans une position de force par rapport à l'adulte, sont dénigrées, diffamées, moquées, harcelées, discréditées, clouées au pilori tout particulièrement dans les médias, propagandistes actifs de la doxa du mensonge enfantin.
En dernier on remet en cause le CV de ces défenseurs/euses. Il faut les réduire à néant, les faire taire également. Ca va donc très loin.

Faisant partie de la catégorie des indigné.e.s de ce mouvement particulièrement agressif de silencieurs d'enfants et de leurs défenseurs/euses qui sévit sur twitter sous le hashtag "Outreau" (mais pas seulement malheureusement), et m'efforcant de combattre les auteurs avec certaines de leurs armes (CV, par exemple), j'ai découvert que l'un d'entre eux a des ennuis avec la justice et a même fait de la prison. Ce qui de mon point de vue annule sa crédibilité mais l'administration de twitter semble voir cela différemment.

j'ai été signalée par cet ancien interné en psychiatrie* à qui l'on a même retiré les enfants. Chose qu'il publie sur son blog et dont il ne fait aucun mystère, bien au contraire. Il répand allègrement ces infos sans le moindre égard pour ses deux filles et cela dans tous les coins du net, afin d'hurler à l'injustice (sans quoi je ne l'aurais logiquement pas su). Il m'accuse d'avoir mentionné cet élément de sa vie dont il fait pourtant étalage et bien que l'ayant signalé à mon tour pour harcèlement, je n'ai pas obtenu son éviction. C'est moi aujourd'hui qui suis interdite d'accès sur twitter !
  

Silenciée à mon tour.

Outreau n'est donc pas synonyme d'erreur judiciaire mais bien d'Omerta.

*je me suis trompée précédemment sur son type d'enfermement

dimanche 29 mars 2015

Quand "Causeur" volent nos causes et nos martyres

Il paraît que nous devons nous estimer heureuses, nous, les femmes, car nous n'avons pas Daesh en Europe et, de ce fait, la chance insigne de n'être ni tuées, ni violées, ni vendues, ni mutilées, ni lapidées ni décapitées.
Il paraît queue.
Et en attendant, faisons en sorte qu'avec nos éternelles revendications, nous ne provoquions pas le destin.


Le magazine néoconservateur et masculiniste Causeur, créé pour rétablir l'équilibre de l'inégalité H/F dangereusement compromise (si, si) un jour, par l'apparition surprise d'un magazine teinté par endroit de ce qui aurait plus ou moins l'allure de féminisme (Causette Le Mag), nous le gueule à la face avec postillons ajoutés. C'est un certain Brighelli qui jette l'anathème en ces termes plein de respect et de sens du dialogue : "Bande de punaises qui n'a rien d'autre à foutre que d'emmerder avec vos conneries le gentil mâle blanc féministe occidental, allez donc vous faire décapiter en Irak, crétines bornées !" (je condense un peu les termes de ses deux articles).

Que ce magazine ait été créé pour veiller au maintien de l'oppression des femmes, et que ce distingué auteur y pique ses crises d'hystérie, est déjà en soi assez pitoyable, mais l'affront réel fait aux féministes et, en même temps, la preuve que nous avons bien affaire à des individus sans don, sans talent, sans imagination, sans goût et, de plus, jaloux, mesquins et malhonnêtes, c'est qu'ils pillent sans vergogne nos causes et slogans qui ont servis à nos combats afin d'en faire leur bannière, c'est qu'ils déterrent nos mortes pour s'en faire un paravent.

Minable !
Lamentable !
Ignoble !

Tout le monde se souvient du très ridicule manifeste des 343 salauds qui consistaient à revendiquer le droit de violer des femmes pauvres contre un peu de l'argent hérité de papa, et dont le nom avait été volé au dur combat féministe pour le droit à l'avortement. Et bien Causeur récidive, mais en se servant, cette fois, d'une combattante à qui ils ont coupé eux-mêmes la tête, pour nous blâmer de demander de changer les termes de la déclaration des droits du zob.

"Au secours, Olympe de Gouges, reviens, elles sont devenues folles" titre Brighelli pour venir au secours d'un autre soldat du patriarcat, un dénommé Laurent Bouvet. Ce dernier s'est fendu d'une analyse aussi insultante que pétrie d'ignorance envers le manifeste mis au point par Zeromacho en vu de modifier les termes excluant les femmes de la déclaration des droits qui se voudraient pourtant pan-humains.
Cet obsédé des mouvements identitaires, voit donc dans la démarche de faire apparaître les femmes dans le texte de 1789, une sorte de revendication identitaire. Malgré ses efforts surhumains pour ne pas apparaître sexiste, il trahit involontairement sa vision machiste de la femme comme sous-espèce, créature atypique affublé d'un particularisme génétique rare (ou pas) à l'instar de la trisomie, l'homme étant le prototype de base de toute espèce. Sa perfection.
Le FN pense à peu près la même chose des immigréEs.

Mais ces deux machistes à tendance fascistes ne veulent surtout pas passer pour ce qu'ils sont.
Ils ont honte ! Ils ne supportent pas d'être traités de réacs, de beaufs, de gros ringards passéistes repliés sur leurs privilèges.
Ils veulent être féministes.
Oui vous avez bien lu. Non ce n'est pas contradictoire.
Les masculinistes qui ne s'assument pas sont ainsi.
Ils ne supportent pas d'être percus comme des privilégiés, ils veulent être des non-privilégiés eux aussi. Ils ne supportent pas du tout que les féministes aient ce qu'ils considèrent comme un PRIVILÈGE (à leurs yeux) celui d'être des non-privilégiéEs.
Donc les féministes, c'est eux.
Car il leur faut TOUT.
Rien ne doit leur échapper, tout doit leur appartenir.
Ils sont là pour tout posséder et distribuer les miettes de leurs possessions quand bon leur semble et à qui ils veulent.
Que personne ne prenne d'initiative sans les consulter !
C'est leur pensée qui compte et aucune autre !
Ils savent tout, ils ont tout vécu, ils ont été partout et même le militantisme qui ne les concerne pas est à eux.
Pour défendre Laurent Bouvet, Brighelli met dans les mots-clés de son article "Gouines rouges" pour que, surtout, on ne se méprenne pas. IL EST FÉMINISTE et DE GAUCHE ! Il a milité avec les Gouines rouges ! Qu'il mentionne son prétendu militantisme dans un journal ultra libéral de droite , n'est pas un problème pour lui. Son supposé passé justifie son présent.
Et puis, d'après lui, c'est le mouvement Osez le Féminisme qui est anti-féministe.
En tapant sur Osez le Féminisme il fait même oeuvre de féminisme.
Matraquer c'est protéger. Insulter c'est respecter. Être un mascu c'est défendre les droits des femmes.
Et s'accaparer leurs symboles puis s'enfuir avec, en courant, tout en aboyant des insultes, suffit à faire d'eux des féministes, pensent-ils.

Donc, le féminisme, les Gouines rouges, le MLAC, les 343 salopes, Olympe de Gouges ce n'est pas à nous, compris ? C'EST À EUX !

Du moins aussi longtemps que nous les revendiquerons, hein, parce que sans cela ils s'en fichent complètement. Quand nous arrêterons, ils jetteront tout ceci discrètement à la poubelle. L'essentiel étant que nous n'ayons rien, et eux, tout.


Heureusement, certains hommes aussi en ont marre de ces vampires qui vident tout de leur contenu et qui n'ont plus aucune vie propre quand ils ne peuvent plus nous priver de la nôtre.

Mais avec son manifeste pour un changement de la déclaration des droits de tout-e-s, Zéromacho a réveillé les morts-vivants ce qui fait qu'ils sortent maintenant un à un de leur léthargie pour mordre.

Ces minables sont malheureusement capables de tout. Non contents d'avoir décapité Olympe de Gouges, ils veulent maintenant en faire un symbole du masculinisme.
Ce n'est pas nouveau.
Le FN s'est bien emparé de Jeanne d'Arc qui n'a jamais fait la guerre par racisme ni soif de sang mais pour permettre le retour de la paix après cent ans de chaos dû à l'incompétence masculine.
Incompétents qui ont permis qu'elle soit ensuite martyrisée.

Plus un parti est sale et masculin, plus il a besoin d'une image "pure" et féminine. Plus il est moisi, plus il lui faut se dissimuler derrière l'une de ses martyres comme si celle-ci l'avait été pour leur cause.

La père version.

Toujours.

(Actualisation du 31.3.15 : depuis la parution de cet article, l'agité Brighelli a, honteux et confus d'avoir ouvert un peu trop largement le bec, retiré "gouines rouges" de ses mots-clés. Amusant.... #oupas)

lundi 16 mars 2015

La Sorbonne : call me Sorbunny ! (actualisé)

L'insulte ne peut pas être plus grande, la gifle plus cinglante, le mépris aller plus loin.
À l'occasion de la journée des droits des femmes qui devrait avoir lieu toute l'année mais se limite encore et toujours au 8 mars, un PROXÉNÈTE était invité à la Sorbonne pour "débattre" de quoi ? De la légalisation de la prostitution ! Rien que cela. Bien que la France soit abolitionniste. Bien que la proposition de loi d'abolition votée l'année dernière à l'Assemblée ait enfin trouvé le chemin du Sénat où elle sera présentée le 31 mars. Il paraît que la Sorbonne, LA SORBONNE !, n'est pas du tout au courant !!!!

La célèbre université parisienne donne donc une tribune à un proxénète "in honor of Women's Day".
L'honneur est hénôôôrme!
Il faut que la Sorbonne pense à inviter un néo-nazi à l'occasion des commémorations de la Shoah ! Ou Dieudonné  ! Ou un révisionniste !
Rien de tel qu'un criminel ou apologiste de crime pour défendre les droits des victimes, non ? Donc : rien de tel qu'un proxénète pour défendre les droits des femmes !   
Il est vrai que la légalisation de la prostitution vient TOUJOURS de l'impulsion d'un ou d'une proxénète. En Allemagne, ce fut le cas avec Felicitas Schirow dont depuis 2002 et la loi allemande faite sur mesure pour elle, les affaires prospèrent et qui, il y a peu, est parvenue grâce au cul/vagin/orifice buccal des Roumaines à se payer un nouveau cheptel de chevaux de course car son "dada" ce sont les courses de chevaux.

Le proxénète, qui n'a pas été invité aux frais de/de la contribuable, il n'en a pas besoin, le fric gagné à la sueur du cul des autres lui permet d'aller où il veut à la surface du globe, quant à lui, a ouvert sept "ranchs". Des ranchs de lapins apparemment. "Bunny Ranch" c'est leur nom.
Les deux personnages aiment bien mettre des corps réduits à l'état d'animaux sans parole à leur service.

L'affiche du "débat" signale la venue de la féministe Julie Bindel qui, selon celles qui la connaissent, n'aurait, paraît-il, pas la langue dans sa poche.


La Sorbonne ne semblait pas savoir que la contradictrice n'était pas une caricature de féministe facile à ridiculiser et l'a peut-être appris sur twitter la veille.
Angoissée, je présume, à l'idée d'humilier le boss de l'agriCULture ou plutôt l'agro-industrie des culs (le néo-libéralisme permet tout, du moment que ça rapporte, et la Sorbonne ne voit aucun mâle là-dedans) @DebattrealaSorbonne a donc décommandé habilement l'adversaire en lui apprenant au dernier moment que le déplacement serait à ses frais.
Un article publié sur lePlus-NouvelObs le raconte et, voyez-vous cela, l'article en
question a disparu tout de suite après avoir commencé à circuler sur FB et Twitter !

La personne qui l'a écrit était présente au non-débat et racontait comment le personnage sinistre ainsi que sa complice, une journaliste de la BBC (Liz Green), fervente partisane du marché du cul des autres, ont eu la voie complètement libre pour vanter les mérites extraordinaires de l'esclavage des filles dans une société où seuls les mâles ont du fric et dont la paire de couilles doit impérativement être vidanger dans un cadre que ne désavouerait pas l'EI. En effet, le pacha y est dans son harem*, les humains de sexe féminin n'y sont que des sexes ambulants en petites tenues.

Dans l'article, l'autrice rappelait que le proxénétisme est considéré en France par la loi comme une atteinte à la dignité de la personne et, à ce titre, est puni de sept ans d'emprisonnement.
En voilà une loi qui, pour la Sorbonne, est bien arbitraire, voyons, et doit pouvoir être à tout instant remise en question ! Il est vrai qu'UN état des États-Unis a légalisé la prostitution, donc... pourquoi pas toute la France ? Tiens, au fait, et la chaise électrique ? Cela ferait chic de ce côté de l'Atlantique, non ? Et la légalisation du port d'arme ? Tu ne veux pas en débattre Sorbunny ? Je suggère pour ce faire la journée des droits des enfants, sachant combien d'enfants sont morts victimes des armes à feu aux États-Unis !

Malheureusement nous ne pouvons plus lire l'article qui rendait compte de la charmante soirée promotionnelle dédiée aux maisons closes mais j'en ai restitué quelques bribes qui apparaissaient encore dans la recherche Google à l'insu des censeurs + trouvé le copié-collé d'un extrait.


C'est donc vrai : l'association étudiante "Débat en Sorbonne"organise un "débat" en anglais ayant pour sujet la légalisation des maisons closes, et donc du proxénétisme. ... se faire, les organisateurs ont invité Dennis Hof, un maquereau étatsunien
C'est dans le cadre des Journées des Femmes que Dennis Hof, le propriétaire multimilliardaire du Bunny Ranch, le plus connu de ses sept
C'est donc vrai : l'association étudiante "Débat en Sorbonne" organise un ... pour sujet la légalisation des maisons closes, et donc du proxénétisme. ... payer les 3€ d'entrée pour voir ce monument de misogynie capitaliste.
- Les étudiants se prêtent à un jeu rhétorique abstrait, déconnecté de la ... On ne nous laisse pas parler. Liz Green couvre la voix de ceux qui osent formuler des phrases affirmatives au lieu ...
Le proxénète fait sa pub sur les bancs de la Sorbonne. ... Liz Green couvre la voix de ceux qui osent formuler des phrases affirmatives au lieu ...
Le proxénète fait sa pub sur les bancs de la Sorbonne. ... parlé en Sorbonne, dans un costume Ralph Lauren comme pour ses ... d'un pays où le proxénétisme constitue un délit, passible de sept ans d'emprisonnement.
... prostituées dans ses divers bordels parfaitement légaux au Nevada. ....closes en Grande-Bretagne, selon le modèle made in Moonlite Bunny Ranch. ... d'un pays où le proxénétisme constitue un délit, passible de sept ans d'emprisonnement.

Compte rendu de la conférence icihttp://m.leplus.nouvelobs.com/contribution/1338582-.html#http://feminisme.fr-bb.com/t3322p15-un-proxenete-invite-demain-a-la-sorbonne-pour-debattre-
La seule contradictrice a cette éloge de l’exploitation « agricole » des femmes (agricole car le proxo invité est proprietaire d’un « Bunny Ranch ») Julie Bindel n’a pas pu venir. Les conférenciers et La Sorbonne ont prétendu que c’était pour « raison familiales ».
Voici ce qu’il en était ;
Alors je rentre chez moi, mais j’ai un doute qui persiste. Je trouve Julie Bindel sur Twitter, et lui demande pourquoi elle n’était pas là hier soir. A mon réveil ce matin, elle me répond et je discute plus longuement avec elle sur la manière dont la soirée s’est déroulée. Je lui apprends ce qu’on nous a dit : qu’elle était absente pour raisons familiales. Elle répond : « WHAT ? » Et elle m’apprend qu’elle n’est pas venue parce qu’au dernier moment l’organisateur lui a dit que tous les frais - transport, hôtellerie, restauration - seraient pour sa pomme sans indemnisation, et qu’elle ne serait pas payée un centime pour son intervention. Il lui arrive souvent d’intervenir gratuitement, me dit-elle, mais pas quand on lui annonce au dernier moment que ça lui coûtera 300£.
Pendant ce temps-là, sur Twitter, le propriétaire du Moonlite Bunny Ranch se vante d’avoir parlé en Sorbonne, dans un costume Ralph Lauren comme pour ses interventions à Oxford (Angleterre) et à Trinity College (Irlande).
                                Titre de l'article effacé : "Un proxénète à la Sorbonne (Paris IV)
(tout de suite après la publication de ce post, l'article a réapparu sur le site de Ressources P.)

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Au fait, la Sorbonne ne semble pas, en effet, savoir que dans un pays abolitionniste toute forme d'assistance à la prostitution est juridiquement condamnée et transforme son auteur en proxénète.
 N'oublions pas de commémorer la journée du scandale de Sorbunny tous les 11 mars avant que d'autres fuck, euh... facs, aient l'idée d'en faire autant !


*Il paraît que la Sorbonne s'est vendue à l'Arabie Saoudite. Ceci explique peut-être cela !

mercredi 11 juin 2014

LES BELLES HISTOIRES DE TONTON ROBERT

Pénalisation du client ?

LES BELLES HISTOIRES DE TONTON ROBERT
« Le principe de liberté ne peut exiger qu’il soit libre de ne pas être libre. Ce n’est pas être libre que d’avoir la permission d’aliéner sa liberté« . 
John Stuart Mill
« La raison du plus fort est toujours la meilleure« . 
Jean de la Fontaine.
UnknownAvertissement: le texte qui suit est délibérément empreint de la plus totale irrévérence pour Maître Robert Badinter. Pourquoi? Parce de cet homme considéré comme brillant, érudit et prestigieux on est en droit d’attendre non pas qu’il soit d’accord avec des thèses qui ne sont pas les siennes, mais à tout le moins qu’il montre une attitude respectueuse vis-à-vis des gens qui ne pensent pas comme lui. Or dans cette audition devant le Sénat, il fait preuve d’une condescendance et d’une ironie plus dignes d’une scène de music hall que d’une prise de parole devant une Chambre très Basse ce jour là. Donner dans la caricature, quand c’est Dodo-la-Saumure qui s’y colle, ça reste cohérent. Quand c’est un homme qui, par son combat pour l’abolition de la peine de mort (dont médiatiquement on lui attribue tout le mérite alors qu’elle fut l’objet d’une très longue mobilisation collective) passe pour une référence morale, ça donne envie de lui retourner l’impolitesse.
UnknownLe pourfendeur de guillotine se serait-il lancé dans le one man show, à l’instar d’un jouvenceau à la recherche de lui même ou d’un financier en rupture de ban ? On peut se poser la question quand on visionne les mimiques, sourires complices, œillades en biais, petits rires dont il ponctue ce passage en revue de tous les arguments qui justifient le bon plaisir du client. La performance a eu lieu 14 mai 2014 et en attendant la sortie du DVD (je rigole…) vous pouvez le retrouver sur Sénat.fr. Des repères temporels sont également notés tout au long du texte qui suit.
 Théâtre: Sénat.
Festival: « Commission spéciale sur la lutte contre le système prostitutionnel »
Durée: 66 minutes.
Titre: « Audition de Maitre Robert Badinter »
Auteur: Robert Badinter.
Mise en scène: quelques millénaires de patriarcat.
Langue: de bois.
Pitch: La prostitution, c’est mal. Très mal. Mais seulement quand c’est contraint par d’horribles mafias. Autrement c’est juste un déplorable et séculaire mal social. Quant à la pénalisation du client, c’est une fantaisie, un concept aberrant qui prêterait à sourire s’il ne plongeait le juriste patenté dans une consternation navrée.
Bilan carbone: garanti sans idéologie.
Ambiance sonore: silence, recueillement. Le Maître parle.
Présentation: Jean Pierre Godefroy, Sénateur.
00:12 Nous avons le plaisir et l’honneur de recevoir Monsieur Badinter, ancien Président du Conseil Constitutionnel, ancien Garde des Sceaux, et ancien collègue au Sénat, je dois dire que pendant tout le temps où j’ai siégé, quand je suis arrivé en 2001, j’ai toujours beaucoup apprécié les interventions de Monsieur Badinter, …, et du fait de la compétence qui est la vôtre, nous souhaitions avoir votre analyse de cette Proposition de Loi, et non pas un Projet de Loi, qui nous vient de l’Assemblée Nationale. Merci beaucoup de votre présence. Vaseline et onctuosité.
02:00 En vrai professionnel, l’Artiste commence par détendre le public sur un ton léger, presque badin:
03:37  « …nul ne saurait m’accuser de n’être pas féministe, parce que si je n’étais pas féministe, je n’aurais pas le privilège de célébrer bientôt notre cinquantième anniversaire de mariage, elle ne l’aurait pas supporté… » Imparable! Je suis féministe, puisque je suis marié avec une féministe!  On pense au maître, Fernand Reynaud: « Je suis pas un imbécile, puisque je suis douanier! ». Robert Badinter est féministe par capillarité conjugale. CQFD.
UnknownAprès cette entrée en matière, changement de ton, ça ne baguenaude plus. Il plante les piquets qui vont clôturer son discours: Cour, Convention, Europe, Sauvegarde, Droits de l’Homme. On se raidit de déférence. Le Glorieux se pose en juriste. À juste titre, vu que juriste, il l’est indéniablement. Ancien Garde des Sceaux, ex-Président du Conseil Constitutionnel, ancien Sénateur, il a des biscuits plein sa musette. Se placer d’un point de vue juridique, pourquoi pas? Pour autant, la Loi des Hommes n’est pas la loi de la gravitation universelle, ce n’est pas une loi physique à laquelle tout serait soumis sur notre planète. Le Droit est une création humaine qui repose sur des principes. C’est une écriture, pas un bloc de béton armé. Ceux qui conçoivent la loi, la rédigent et la font voter se situent dans un contexte social et culturel précis. L’Illustre choisit d’ignorer l’encre patriarcale dans laquelle a trempé la plume du législateur. Libre à lui. Mais c’est un parti pris à partir duquel il ne peut plus prétendre à une quelconque neutralité. Quand, à la minute 03:08, il emploie l’étrange formule « le rapport entre la prostitution et femmes-et-hommes« , il substitue délibérément une terminologie on ne peut plus vague, « femmes-et-hommes« , à un mot qui permettrait d’identifier ce dont il parle, à savoir le rapport de forces politiques entre femmes et hommes et ses conséquences sur la prostitution. Ce mot existe, et il n’est pas nouveau: patriarcat. Ce choix est en soi une prise de position. Éluder la domination masculine quand on aborde la question de la prostitution, revient à parler de construction navale sans tenir compte de l’élément liquide. Armé sur la terre ferme, aucun navire ne risque le naufrage. Mais on ne peut pas dire qu’il flotte. Même d’un point de vue juridique.
Unknown05:04 « …le débat très vif des années 80, même 70 déjà aux USA, je me souviens d’avoir eu là les premiers échos à partir de la théorie des genres, des visions des féministes radicales américaines, à Los Angeles, j’ai entendu déjà des assertions qui ont conduit aux propositions de Loi que nous avons aujourd’hui… »  Plaît-il? Échos? Théorie des genres? Visions? Assertions? Quel est ce galimatias? Il parle de quoi, précisément? Historiquement? Peu lui chaut. Son propos est ailleurs. Cette allusion aux « féministes radicales américaines » envoie un signal  au public. Dans le discours ambiant, la « féministe » porte une dose de suspicion. Si de plus elle est « radicale« , c’est une sorte de féministe au carré, la suspicion se démultiplie. Quand de surcroit elle est « américaine« , la suspicion devient accablement. Ces femmes là racontent n’importe quoi. Quoi précisément? Peu importe. Pas la peine de relever. A ses yeux, ça ne vaut rien. La « féministe radicale américaine » est une harpie, une empêcheuse de prendre l’ascenseur, une extrémiste qui déclenche par sa simple évocation l’impuissante consternation qu’on réserve aux illuminés. Parole disqualifiée d’office. Les jalons sont posés.
05:42  « …on ne peut pas parler de la prostitution comme le faisait l’illustrissime sénateur à vie Victor Hugo, dont chacun sait qu’à la fois il écrivait les malheurs de Fantine et n’était pas tout à fait insensible aux charmes  de ces dames… » Première apparition, il y en aura d’autres, du partenaire indispensable au kit argumentaire du client: la référence historique. On appelle sur scène le grand ancêtre, la figure positive, le héros vénéré… le collègue sénateur! Victor Hugo, son art d’être grand père et son goût de la chair fraîche. Si lui allait aux putes, à fortiori Monsieur Tout-le-Monde !
imagesPuis le Brillant joue les GPS: où en sommes nous, par les temps qui courent ? Il commence par une révélation qui laisse sur le cul: le  monde a changé et mystérieusement la prostitution aussi! Déroutante modernité. Attention, qu’on ne lui fasse pas dire ce qu’il n’a pas dit, il nous précise que c’est moche, la prostitution, pas bien du tout, c’est mal,  » …un mal social, permanent, constant… » n’allez pas imaginer qu’il trouve ça bien, mais bon, en même temps, c’est hyper super différent de ce que c’était avant, parce que d’abord y a des garçons, ha, voilà qui déroute, et puis y a des occasionnelles, les intermittentes, les clignotantes, les un-coup-tu-la-vois un-coup-tu-la-vois pas, et en plus vous savez quoi? Elles ont le téléphone ! Portable! Et même Internet ! Alors qu’avant, au temps du Palais Royal et des Napoléon d’Or (ancêtre de l’euro), pas du tout. (09:30) Voilà qui n’a pas échappé au Rigoureux : avant, c’était autrement. Ok. Sur la forme, ça n’avait échappé à personne. Mais sur le fond? Un élément reste d’une remarquable constance : un pénis, moyennant quelque monnaie cédée par le porteur, obtient l’opportunité de s’introduire dans un orifice (vagin, bouche anus). Du Napoléon Or à Internet, rien que de très familier. Classique. Le décor change, l’esprit reste, la bite demeure. Le droit de pénétrer, le pouvoir de payer.
10:35  Après la « féministe radicale américaine » il embraye sur un deuxième warning: le mot « système« , pioché dans « système prostitutionnel« . On pourrait penser que c’est le mot « prostitutionnel » qui charrie de l’ambiguïté en ce qu’il ne précise pas si on parle de la personne qui est prostituée, de celle qui paye ou de celle qui encaisse, mais non. Non. Ce qui gêne le Resplendissant, c’est bien le mot « système« . Pourtant, le « système« , qu’il soit métrique ou monétaire, cardio-vasculaire ou digestif, n’est que l’ensemble des données permettant la description d’un fonctionnement. En liant le mot « système » à LePen et à Vichy, rien que ça, il le colorie en brun. Histoire de baliser le chemin de notre pensée, miner le terrain et ainsi délégitimer l’analyse adverse (11:14): « …quand on aborde le terrain sérieux du Droit, il faut éviter de parler de « système » contre lequel on va lutter… ».  Un peu gros. Surtout si on note qu’à la minute (04:26) il vient de prononcer la phrase suivante (c’est moi qui met en majuscule): « J’ai eu toute ma vie …  la passion des lois bien faites et des lois qui expriment très exactement à la fois les motifs pour lesquels ces lois sont adoptées et qui s’inscrivent dans un ensemble, un SYSTÈME de principes qui sont définis … » Un quoi? Tout dans la rigueur, à ce qu’on peut voir.
Il est temps de passer à la substantifique moelle de la critique de cette loi de pénalisation des clients de la prostitution qui à ses yeux cumulerait les trois tares suivantes:
- elle est inefficace
- elle est injuste
- elle n’est pas conforme aux principes fondamentaux du Droit.
Mais n’anticipons pas ! Avant de tordre le cou à ces followeuses de féministes radicales américaines inspiratrices des lois qui consternent l’Éblouissant, il tient à prendre une précaution supplémentaire:
14:14  « …pour ne pas donner le sentiment le moins du monde d’une sorte de partialité… »  Partialité? Lui ? Il a levé le doute depuis le début, posé les jalons de sa subjectivité dès la deuxième minute, mais il ne s’en est pas rendu compte ! Douanier un jour, douanier toujours! Comme preuve de son impartialité, il choisit de se retrancher derrière un rapport fait au Sénat Belge. Faudra pas venir lui chercher des poux dans la tête si ce qui suit est aberrant au dernier degré. C’est pas lui qui le dit, c’est des Belges. Et c’est pas n’importe où, c’est au Sénat. Mais c’est n’importe quoi! Jugez plutôt:
Les « promotrices de la Loi Suédoise » affirment les trois fantaisies suivantes:
- La prostitution est une forme de violence masculine.
Masculine ? C’est à dire à l’encontre des femmes? Alors qu’il y a des homosexuels ? Il pouffe, l’Illustre! Mais où peut-on aller chercher une idée pareille, il se le demande! On sent l’influence pernicieuse des féministes radicales américaines! La présence d’homosexuels prémunirait contre la violence masculine comme la coccinelle éloigne le puceron. Et ça, les gens sérieux le savent.
- Il est physiquement et psychologiquement dommageable de « vendre » du sexe,
14:55  « je mets « vendre » entre guillemets parce que c’est de la communication, ça, c’est pas du Droit« . Attention, haute voltige! Billard à trois bandes. Il choisit, c’est lui qui s’exprime, le mot vendre. On vend ? On vend pas ? Si on vend, on vend quoi?  Si on ne vend pas, on fait quoi ? Il se garde de répondre. Il met des guillemets. Ce faisant il conteste une logique marchande que par ailleurs il justifie tout au long de son audition. En clair : touchez pas à ce mot, non seulement il n’est pas approprié, mais il est à moi. Tordu ? Pas du tout! C’est du Droit! Lui, il fait du Droit. Les autres, « de la communication! » De la pub, de la propagande, de la manipulation ! Pas du Droit ! Et si c’est pas du droit, c’est pas sérieux, il se tue à vous le dire !
- Aucune femme ne se prostitue volontairement.
16:14   » …je ne suis pas sûr, quand on regarde la Toile, qu’on puisse accepter cette proposition… »  Bluffant ! C’est bien simple, il a un détecteur de contrainte, le Beautiful. On la lui fait pas, à lui. Si la fille sourit, c’est qu’elle n’est pas contrainte, ça tombe sous le sens! Suffit de regarder l’écran!  On lui voit les dents, les coins de sa bouche remontent, c’est clair, elle sourit ! Et elle serait contrainte? Allons donc! Restons sérieux!
Maintenant que nous voilà convenablement oints du sérieux qui convient, allons plus loin. Le Sublime ne nous demande pas de lui faire confiance, il fait mieux que ça! Il extirpe de sa besace du rab de papier. Des enquêtes. Des études. Et pour clouer le bec à toute éventuelle contestation de la validité de ces documents à charge, il assène :
images17:28   » …je rapporte toute une série que je vous laisserai d’études et de commentaires généralement universitaires, par des auteurs généralement femmes, peu suspectes à cet égard de rallier des thèses machistes« . Et toc! Une femme ne saurait rallier des thèses machistes. Surtout une femme universitaire. Ou une sociologue. Ou une philosophe. Pourquoi ? Parce que. Toujours l’esprit douanier! Le féminisme, c’est non seulement un caractère conjugal, mais aussi un caractère génétique commun à toutes les femmes, de Margaret Thatcher à Marie Bonaparte en passant par Marine LePen. Si quelqu’un trouve plus sérieux, on se passe les ovaires au micro-ondes et on se les mange sauce gribiche à la terrasse du Pigalle !
Et que disent-elles, ces féministes chromosomiques?
18:13  Il cite: « notre position en ce qui concerne la politique en matière de prostitution est qu’elle doit être fondée sur la connaissance et l’expérience plutôt que sur la morale ou l’idéologie radicale féministe. Nous croyons également que lorsque les politiques sont élaborées les acteurs au cœur de cette politique, c’est à dire ici les prostituées elles mêmes ou eux mêmes doivent être consultées et respectées, »  Les voilà, les féministes radicales, à l’américaine! On n’aura pas attendu longtemps! Au nom de la morale ou de l’idéologie, elles omettraient de consulter et de respecter les prostituées elle mêmes! Elles se croient tout permis ou quoi? D’où parlent-elles, analysent-elles, proposent-elles? Quelle est leur légitimité à l’ouvrir sur le sujet ? Heureusement, il veille. Peu soucieux de reconnaître que les abolitionnistes ont toujours mis le sort des personnes prostituées au cœur de leur pensée, notre Avocat (donc neutre et habilité, lui, à parler de ce qu’il veut) en appelle ici à des universitaires (neutres aussi, on aura compris la logique) pour affirmer que seules les personnes prostituées peuvent émettre un avis sur la prostitution. Heu… Voilà qui coupe le sifflet à bien du monde. A la niche, Karl Marx, coucouche-panier Lévi-Strauss, au dodo Voltaire, aux oubliettes Victor Schœlcher ! De quoi je me mêle ! Ni ouvrier, ni Peau Rouge, ni blasphème, ni esclave? Alors ta gueule! Et Pasteur qui invente un vaccin alors qu’il est même pas malade! Bande d’imposteurs! Y en a même, il paraît, c’est ce qui se dit, qui parlent de peine de mort alors qu’ils n’ont jamais tué personne! On se gondole !
UnknownLa démonstration se poursuit avec forces citations, développements et considérations alambiquées, armada de patronymes nordiques, survol de contrées septentrionales, pour affirmer que la prostitution est un mal, certes, mais il y a pire, bien pire! Essayez seulement de l’interdire et vous verrez, avec horreur, se profiler à l’horizon, surgir, se matérialiser devant vos yeux éberlués….. ce qui existe déjà ! Les mafias, la traite! Voilà ce qui nous attend ? Elles sont là depuis longtemps.
21:48  Le Scintillant évoque des « bordels flottants » dans des eaux aussi glacées qu’internationales, accueillant une   »forte clientèle« ! Si celle ci attrape un rhume à bord, ça sera la faute de ces nigaudes d’abolitionnistes ! Voilà ! On tremble. On est dans le vrai méchant, pas dans le débonnaire…
25:14  « le mal profond … c’est la traite, le trafic organisé honteux, ignoble et extraordinairement lucratif des êtres humains auquel se livrent les mafias. C’est véritablement un fléau … pas de mot assez sévère… c’est un fléau qui aujourd’hui hélas … est en augmentation dans l’ensemble Européen ». Forcément, personne ne va prétendre le contraire. Plus abject qu’une mafia albanaise, ça court pas le macadam. Et du coup, ça relativise le micheton. Il trace son chemin, il trace…
On lui parle pénalisation du client, il balaye, il écarte, il élimine ! Y a plus important! Quoi? Lui, sa vie, son oeuvre ! Oui, car Lui, il oeuvre! Les autres grenouillent, barbotent, s’égarent. Lui, il s’intéresse à des trucs fondamentaux, à un Parquet Européen!
28:58  » …et croyez moi ça a une autre importance que la pénalisation des clients … » Il insiste sur sa propre importance, (« j’avais le privilège d’œuvrer« , « je présidais« , « j’avais renforcé« ). Il s’auréole d’autosatisfaction. Puis il nous confiture de son dédain : il y a la vraie cible, celle que Sa Splendeur a déterminée, puis il y a
30:36  « la cible idéologique pour satisfaire des postulats de principe sur la violence quotidienne faite aux femmes« . Et celle là ne vaut pas tripette. Postulats de « principe« . C’est à dire déconnectés du réel. Billevesée, faridondaine, carton pâte. Pour distiller crescendo, mot après mot, un tel mépris, il faut un déficit d’empathie pathologique. Ne rien ressentir. Et en faire un argument. Fouler aux pieds la souffrance d’autrui pour servir sa  thèse. On nage dans l’impartialité.
En quoi la pénalisation du client, sujet du jour, et un Parquet Européen seraient-ils incompatibles? On se le demande.
Il poursuit. Brutale accélération de l’argumentation. On se la repasse au ralenti, attention, ça va très vite !
31:00 « …la pénalisation du client elle est nulle en ce qui concerne la répression contre les réseaux pour une raison d’évidence constante c’est que le client ne connait pas les réseaux mafieux qui ont apporté la fille il ne connait que la fille… » Nulle ! Il cause jeune quand il veut, le Grand Sachem. Et pourquoi, nulle ? Ça tombe sous le sens! Parce que le client, il connait pas la mafia, il connait que la fille! Il veut une meuf à niquer, pas une visite des coulisses ! Du coup, il sert à rien. Comme s’il n’était pas là. Il ne fait que passer, un petit coup de bite et au revoir la compagnie, c’est pas lui qui va guider notre Inspecteur Gadget au cœur du réseau ! Le client, c’est peanuts! Nada! Nibe de nibe! Il ne sert à rien. C’est bien simple, on se demande ce qu’il fout là.  Il insiste: « …c’est nul! et plus que nul!… » Nul et plus que nul? Qu’est ce qui, précisément, est plus nul que nul ? S’en prendre au client! Client absous d’office. Même le client du réseau mafieux? Même le client du réseau mafieux. Ces réseaux « qui ont apporté la fille« , comme il dit. Apporté? En Français, on apporte un objet. On amène une personne. Il ne saurait être plus clair. L’empathie qui manquait au paragraphe précédent se trouve ici, pour le client. En toute neutralité idéologique.
images-1Le client est le chevalier blanc du business. Si on l’importune, ça catapulte les prostituées dans les buissons direct, sur les aires d’autoroute,  » …parkings déserts … fourrés… bosquets… et puis les hôtels …studios…  » Et ça sera de la faute de l’insupportable pression idéologique de féministes radicales même pas Américaines. Dans le même esprit, songer à supprimer le verrouillage des banques, qui provoque l’attaque à main armée. Si les coffres forts restaient ouverts, les braquages seraient inoffensifs. Le gangster, il s’en fout de voler, il veut juste l’argent.
34:00  Une étape hygiène ne saurait manquer. Le Vénéré connait son parcours. Au sujet de la prostitution, il est de tradition, avant même de se poser la question du quoi, du pourquoi et du comment, de considérer la chose du point de vue sanitaire, « les conditions d’hygiène … il faut d’abord penser à la sécurité sanitaire des prostituées« . Au XIXème siècle, période de totale tolérance des maisons du même nom, les autorités organisent la surveillance des prostituées et le rythme des visites médicales auxquelles elles sont soumises. La prostituée transmet des maladies, il convient donc de la ficher, l’encarter, l’ausculter car elle est le vecteur, elle est le collecteur de ce qu’on appelle les maladies vénériennes, c’est à dire maladies de Vénus, on ne saurait être plus clair. Les images comparant la prostituée à une sorte d’égout humain sont légion dans les textes d’époque. Et c’est de la maladie à sens unique, de la prostituée au client. Le risque pris par le client a toujours obsédé les autorités, clientes elles aussi. En revanche, la question de savoir qui a filé la chtouille à la prostituée ne fait pas partie du tableau. Personne n’a jamais contrôlé les clients. Le Chatoyant reste muet sur le sujet. Quant aux ravages psychiques, psychologiques, physiques, sur la prostituée, du simple fait de multiplier des rapports sexuels sans désir, voilà qui reste dans l’angle mort des hygiénistes. Les Gentils Organisateurs de la prostitution ont la salubrité sélective.
36:50 Les arguments défilent, sans surprise. Nous voilà face à l’impuissance de la force publique :  »je laisse de côté les expériences historiques bien connues sur la suppression de la prostitution« . Expériences bien connues? Aucun gouvernement au monde ne s’est jamais attaqué sérieusement à l’abolition de la prostitution. On s’est attaqué aux prostituées elles mêmes, ce qui n’est pas exactement la même chose, chacun en conviendra, mais cette nuance, pour des raisons mystérieuses, échappe à notre Indomptable, qui persiste dans l’à peu près.
38:50  Après la prophylaxie, la psychanalyse! A l’ombre des grands ancêtres, Flaubert, Maupassant, Baudelaire, fauchés par la vérole, avec Freud en guest star, entrée en scène des célébrissimes pulsions irrépressibles et de la diabolique alliance Éros-Thanatos. La sexualité masculine serait un concentré de sauvagerie
inéluctable,  « …la peur de la maladie et la mort n’a jamais pu dissuader les client…« ,
incontrôlable, « … c’est oublier ce qu’est la pulsion sexuelle et surtout la pulsion sexuelle chez les jeunes gens ça n’a jamais empêché, ça a dissuadé certains mais ça n’a jamais empêché beaucoup d’aller au bordel y compris les pires… »,
inéducable « …on sait que dans les backrooms on a recommencé sans préservatifs… » à qui il serait vain de fixer des limites.
UnknownCe gloubiboulga conceptuel pose comme axiome que les pulsions des uns doivent pouvoir s’exercer aux dépens des autres parce que c’est comme ça, que ça a toujours été comme ça, on n’y peut rien, c’est une constatation objective indépendante de toute vue idéologique. L’idéologie c’est les autres. Quiconque percevrait du machisme dans ce raisonnement serait victime d’une regrettable distorsion idéologique. Le Flamboyant passe au peigne fin le cheminement mental du client, mais ne saurait s’attarder sur les cailloux qui ont balisé le parcours de la prostituée. Par crainte, sans doute, qu’une sournoise imprégnation idéologique ne lui brouille l’écoute.
Il reconnaît sa perplexité « …vous êtes là dans un domaine qui est le plus complexe qui soit… » S’il vraiment il souhaite s’éclaircir les idées, et il en a grandement besoin, je ne saurais trop lui conseiller (à lui et à tout le monde) la lecture d’un texte à la réjouissante radicalité: « Abolir la prostitution? Non: Abolir le proxénétisme. », de Marie-Victoire Louis. De quoi éclairer les lanternes les plus obscurcies.
43:10  Puis Robin des Lois nous met en garde. La pénalisation du client fonctionnerait au détriment des plus pauvres:  » …les escort girls de luxe pour les uns et pour les autres la misère prostitutionnelle plus la poursuite pénale… ».  Certes, mais c’est là une étrange manière de poser la question. Que les riches échappent à sa rigueur invaliderait le principe de la Loi. D’ailleurs, puisque les riches peuvent échapper à l’impôt et ne s’en privent pas, supprimons les impôts.
Unknown-2Allons plus loin. Il entonne maintenant l’antienne patriarcale consistant à juxtaposer des objets et des femmes. Cigarettes, whisky et p’tites pépées: « … si vous interdisez la prostitution elle devient clandestine, si vous interdisez l’alcool, on sait ce qu’a donné la prohibition aux USA, vous interdisez la drogue le trafic ne se fait pas dans les pharmacies … ça continuera de façon clandestine... ». La comparaison, fréquente, de la prostitution avec le trafic de drogue, d’alcool et autres substances prohibées  fait l’impasse sur un détail. Une broutille. Le cannabis, l’alcool, la cocaïne peuvent être consommées, sniffées, fumées. Elles ne peuvent être maltraitées. On ne peut exercer sur elles ni chantage ni violence. Dans le cas qui nous occupe la substance concernée est un être humain, pas une matière inerte. Ça ne fait pas de différence, apparemment. Considérer le corps vivant d’un être humain comme un produit de consommation en dit long la qualité du regard posé sur les personnes prostituées. Quel est le statut de cette personne dans un tel raisonnement ?
Puis, dans cet inépuisable catalogue des Trois Cuisses (oui, je sais, elle est indigente celle-là, mais je commence à fatiguer, il me saoule, le Taulier), il aborde la question des moyens. Des forces qu’on choisit de mobiliser:
46:10  « …vous pensez que nos concitoyens apprécieront le fait qu’on va recruter des policiers non pas chargés de protéger leur sécurité, leur personne, leur bien … mais aller poursuivre les clients qui vont là accepter les sollicitations des filles ou des garçons? Allons! »
« La mayonnaise c’est pas bon parce que j’ai pas d’œufs pour la faire ». Un top chef qui raisonnerait comme ça se ferait virer. Jamais la lutte contre le proxénétisme, n’a été dotée de moyens à la mesure de ce à quoi elle s’attaque. Considérer que le manque de volonté politique mis à appliquer une loi en invalide le principe, ça a un côté indéniablement novateur, quasi rock’n'roll ! Plus juridique, tu meurs.
Unknown-647:50  Puis on passe à la vitesse supérieure, à l’abri de la Jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme:  » je le dis avec beaucoup de fermeté la loi méconnaît la Jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme … et méconnait les principes de la CEDH qui … sont la structure morale et juridique de notre système judiciaire … je vous demande de vous référer aux décisions de principe de la CEDH,  … la CEDH, ça n’est pas seulement à l’usage des pays de la communauté européenne, ça vaut pour les 47 États du Conseil de l’Europe, … y compris ceux qui se trouvent à l’Est de l’Europe… » Ça fait un peu beaucoup, je vous le mets quand même? Après une incursion dans la forêt de la jurisprudence Européenne, puis un crochet par les riantes contrées des tortures sadiques extrêmes, « …le Marquis de Sade très dépassé … mutilations effrayantes… » histoire de rappeler une fois encore qu’il y a toujours pire que la prostitution bon enfant, à la papa, yop-la-boum, l’Étincelant nous prend par la main. Nous entraîne vers des sentiers parfumés où fleurissent des notions harmonieuses: « les adultes consentants sont maîtres de leur corps, leur sexualité est celle qu’ils veulent pratiquer du moment qu’il n’y a pas contrainte, libre à eux de le faire, c’est un des éléments profonds de la liberté individuelle et … du droit au respect de l’intimité d’une vie privée qui par ailleurs est si menacée en ce moment… » . Liberté, respect, intimité pour les adultes consentants. Idyllique ! Du moment qu’il n’y a pas contrainte! Dans ce contexte, que disent vraiment ces mots? Qui les utilise et dans quelles circonstances?  Qu’est ce que le consentement?  Cette question, pourtant essentielle, n’est pas traitée. Et qu’est ce que la contrainte? Rappelons que nous parlons ici de prostitution, pas d’une garden party chez les Bisounours.
52:14  Climax de la démonstration. D’un point de vue juridique, bien entendu:  »… la Cour dans son considérant 25 a considéré que la prostitution …  est incompatible avec la dignité de la personne humaine, ce que moi je crois, mais elle n’est incompatible en termes juridiques que lorsqu’elle est contrainte… » Et l’Immense ne connait qu’un type de contrainte. Il pose sur les plateaux imaginaires d’une balance-à-peser-la-contrainte-d’un-strict-point-de-vue-juridique. D’un côté les « mafias, proxénètes, réseaux« , trois mots qui désignent la même atrocité mais qui, accolés, terrifient davantage. Ça, c’est de la contrainte! Et de l’autre? « C’est pas le désir d’une robe, qui peut être considéré comme une contrainte c’est exactement la pression exercée et irrésistible par le tiers… ça c’est la contrainte et c’est la notion de traitement inhumain et dégradant » Le « désir d’une robe », facteur déclenchant bien connu, ne saurait constituer un traitement inhumain et dégradant!  Désir, robe ? Soie, taffetas, lipstick, houppette, bal, tourbillon, valse, ivresse! On change d’univers! Nous voilà dans le shopping, le caprice, la mode ! L’éternel féminin ! Les p’tites femmes de Paris, leur délicieuse frivolité et leur gambette légère ! D’un point de vue juridique, je vous le rappelle. Remarquable synthèse. Pour réduire les déterminismes de misère et de violence qui aboutissent au trottoir à un « désir de robe« , il faut être un Jivaro de l’empathie doublé d’une ceinture noire de cynisme.
52:29  Soit on considère que la prostitution fait partie des grands systèmes de domination historiques tels que le servage, l’esclavage, le féodalisme ou l’apartheid, et elle doit être abolie.
Soit on considère, comme notre Superbe, que c’est  » … un mal social, permanent, constant… », acceptable si on en éloigne les mafias.
Soit on sort de la logique, et on supprime en bloc. Soi on y reste, on aménage et on s’accommode.
Unknown-3Comme dans le cas de cet homme qui frappe sa femme parce que la soupe n’est pas assez salée. Soit on considère qu’il ne doit jamais, par principe, frapper sa femme, point final. Soit on mesure le taux de sel de la soupe. Deux logiques.
L’Impeccable a choisi son camp:   »…on peut regarder les propositions de Net, on peut regarder l’expérience multiséculaire, hélas, femme ou homme, ça existe, il y a d’autres raisons que la contrainte pour lesquelles on se livre à la prostitution  » En plus de l’envie d’une robe? Lesquelles? Les annonces du Net et l’Histoire ! Ça ne veut rien dire ou c’est moi qui sature?
Puis, jamais avare de son ironie, il se gausse autant qu’il s’étrangle face au postulat suédois: « …Elle se prostitue donc elle est contrainte donc elle ne se prostituerait pas si elle n’était pas contrainte, CQFD c’est fini! … Non! Ça c’est pas possible! On peut pas jouer avec des questions aussi fondamentales que la preuve à charge de l’accusation, et dire le fait lui même suffit à établir l’innocence, pas possible y a plus de culpabilité ! Pas possible!.. » Pas possible. Faut mesurer le sel.
57:00  « …Il faut que à propos de cette personne là et à ce moment là, … on puisse prouver qu’il s’exerce sur elle une contrainte… ». Au cas par cas… Comme si, pour abolir la peine de mort on avait non pas érigé un principe (on ne tuera plus au nom du peuple français) mais procédé à une évaluation de l’adéquation de la décapitation, condamné par condamné.
Reprenons: « …dire le fait lui même suffit à établir l’innocence, pas possible!… » Il parle de l’innocence de la prostituée, là. Si on comprend bien, il envisage qu’elle soit coupable. Mais de quoi? Il ne s’attarde pas, tu m’étonnes. Mais nous, attardons nous. Il pose la question de « l’innocence« , pour poser la question de la contrainte. A elle de prouver! « …c’est toujours à l’accusation de prouver la culpabilité… ». C’est comme demander à un naufragé de Lampedusa (qui a pourtant volontairement payé sa place sur le rafiot) ou à une couturière en sweatshop (qui accepte d’être payée dix euros par mois) de faire la preuve de leur innocence.
Puis il assène « on ne peut pas jouer avec des questions fondamentales« . Lui, il joue pas! Il dribble, il jongle, il feinte! C’est le Ronaldo du maquereau!
Nul ne saurait récuser les droits de la défense, ni la présomption d’innocence. C’est une évidence. Mais la preuve… Ah, la preuve! Elle mérite qu’on s’y arrête. Pratique, la preuve! Terrain miné pour les innocents, propice aux criminels :
- Al Capone fut finalement coffré pour fraude fiscale car il était juridiquement impossible de prouver les vols, chantages, tortures, assassinats et autres éléments de son flamboyant succès, éléments connus de tous. Ce n’est pas parce que le dispositif législatif ne permet pas de prouver un crime que ce crime n’existe pas.
Unknown-1- Dans le Droit actuel tel que le patriarcat l’a façonné, la violence masculine passe à travers les gouttes. Combien de viols restent protégés dans les méandres de procédures qui mettent l’agressé-e en position d’accusé-e ? La majorité. Au nom de la présomption d’innocence on met au même niveau la parole du violeur et celle de la victime.  On reste dans la logique des agresseurs. Il est des viols accompagnés de coups dans lesquels on a considéré que le sperme présent dans le vagin ne constituait pas une preuve: la victime pouvait avoir été frappée par un homme, puis avoir baisé volontairement avec un autre. Il y a quelque chose de pourri au royaume de la Loi.
- Tant qu’on se situe à l’intérieur d’un corpus de lois rédigé dans un contexte et une idéologie  précis, on reste englué dans sa logique aussi pernicieuse soit-elle. Et donc on la confirme. Il aurait été impossible d’abolir l’esclavage si on était resté dans la logique du planteur. Impossible de supprimer l’apartheid en restant fidèle au principe de développement séparé.
58:35  L’Apocalyptique nous met en garde: la pénalisation du client, ça serait cataclysmique. La porte ouverte à la barbarie. Chantage, brutalités, suicides. « … avec des textes comme ça et des mafias, le chantage ça va donner!… » Il évoque un exemple historique, de clients piégés au temps du délit l’homosexualité entre adulte et ado. Oui, vous avez bien lu: l’ado piégeant l’adulte. Ado-loup vs adulte-agneau. En but à des méchants, des vrais. Pas des simulateurs, pas des demi-sel. Des pointures.
« …on retrouve ça dans Sartre, dans Les chemins de la liberté, le giton racolait ou se laissait racoler par le riche homosexuel dans sa maturité et puis on allait dans la chambre d’hôtel, et à ce moment là… » Suspens! « …faisait irruption le reste de la bande et commençait un chantage qui ne s’arrêtait plus… désespoir…destruction totale… » On aime les jolies histoires de Tonton Robert, elles sont hors sujet, mais elles font peur !
Et voilà! Le scénario se reproduirait ! « Trop facile! » Machination haletante, hitchcockienne, un peu fouillis mais on n’en tremble que davantage, à mesure que l’étau se resserre. « …Le rendez vous est pris, la fille dans le réseau, n’avez qu’à installer la voiture tout près de l’hôtel ou … tout à l’heure photos et ensuite vous relevez le numéro de la voiture ou vous faites photographier à l’intérieur et vous n’avez plus qu’à venir présenter la note! … voilà ce à quoi on aboutira. » Pauvre client ! Paparazzé! Chopé en flag juste pour avoir voulu gâter Coquette !
60:30  Et s’il y a délit, il y a… complice! Quid de la complice, hein, la complice, faudrait pas l’oublier! On en fait quoi, elle existe ou il rêve? La complice, vous dis-je! La perverse, qui organise et prémédite sa propre exploitation! On ne va quand même pas la laisser s’en tirer comme ça?  Et d’ailleurs, qui est-elle?
Unknown-4« …Qui est complice? Celui qui provoque! Celui qui par promesse, incite à la commission de l’infraction, il est complice! C’est dans le Code Pénal un principe qui ne remonte pas à hier et ça la théorie de la complicité ici on arrive à cette situation mais qui défie l’intelligence juridique, la raison juridique, …le provocateur ou la provocatrice disons et c’est plus communément le cas, elle propose, elle peut être d’ailleurs très jolie, ah, ah, au café, son regard appuyé, etc, des charmes évidents… ».  Regard appuyé? Charmes évidents? Toujours en pleine neutralité et d’un point de vue juridique? Non. Le Visionnaire est ici clairement dans la peau du client. Identifié à lui. Il s’y voit, il se fait un film:  » …je vais me référer à un film récent « Jeune et jolie »…   Il fait feu de tout bois. Tant qu’à faire il aurait pu se référer aux mythes classiques, de la Dame au Camélia à Julie la Rousse, mais non, il est moderne. Il ose Ozon! Sans vergogne. Sans partialité aucune et au nom de grands principes du Droit, il voit dans la prostituée non pas une personne réelle mais l’héroïne d’une oeuvre de fiction imaginée de toute pièce et avec un brin de fantaisie par un cinéaste spécialisé dans la féminité fantasmée. François Ozon assura, à Cannes, en 2013, que la prostitution est un fantasme pour de nombreuses femmes. D’où tirait-il cette certitude? De son propre film! Ça, c’est de la référence, et de la sérieuse! Face à la mythique « Jeune et jolie », le très réel « Vieux et pourri ».
Après cette évocation de l’incitatrice-provocatrice-complice, ce cri du cœur:
61:56  « …je me dis la chair est faible… etc… on connait, tous!… »  Houlà, l’Impeccable se dévoilerait-il ? On connait, tous ? Encore en toute impartialité et du strict point de vue juridique, bien entendu ? « …ils cèdent à la tentation… » Là on pédale dans le taboulé. Le mot « tentation » revient six fois. Le client candide, victime d’une glissade de sa volonté face au machiavélisme d’une tentatrice jouant de ses charmes, finit par craquer, ça peut se comprendre! Et on en viendrait à ce que ça se sache dans son quartier ? Chez lui, là où sa femme, sa famille, ses amis, ses collègues, ses voisins le prennent pour un brave type ? « …on saura pourquoi il était là c’est fou ce qu’il y a comme indiscrétion dans ce domaine… » Il connaitrait la honte de celui qui a trempé son biscuit en dehors des eaux territoriales? On frémit…
Unknown-5La « provocatrice« , profitant du désir qu’elle suscite, aura tout loisir de compromettre des innocents, « des jeunes gens un soir de concours réussi comme jadis quand ils allaient au service militaire, ou un match de football triomphant, un peu trop de bière, ils cèdent à la tentation, on verra ce que ça donnera le moment où ils seront en concurrence pour devenir ingénieur en Chef de la SNCF. » Les ambitions d’un ingénieur en Chef de la SNCF ruinées par une adepte de la vie facile assouvissant ses désirs de robe! Sortez vos mouchoirs. Personnellement, je suis au bord des larmes.
64:06  Avouons que sans l’apparition ultime, en Deus ex Machina, de Foucault en personne, caution ultime, la démonstration aurait été moins absolument conforme aux classiques du genre. Là, il manque pas un bouton de guêtre! Un monde sans prostitution serait un monde totalitaire. Point d’orgue. La messe est dite.
« …Foucault jadis faisait des cours où il évoquait la police des corps, la tentation ultime des régimes totalitaires… » Police des corps? Du corps de qui? Que toutes les sociétés totalitaires sans exception aient toujours organisé et contrôlé la prostitution ne semble pas obstruer le raisonnement de l’Auguste. Il est au dessus de la mesquinerie des polémiques. Il ne veut pas « entrer dans les querelles qu’on connait » ? Ça fait une heure qu’il y barbote jusqu’au cou, mais il n’est pas mouillé ! C’est juste qu’on ne saurait entrer là d’où on est jamais sorti.
En conclusion, les bons conseils de Tonton Robert. Ce qu’il ne faut pas? « Se divertir« . Se laisser distraire. Il faut rester dans l’essentiel, déterminé par lui, autrement c’est pas du jeu. Il ne faut pas davantage « Transformer le Code Pénal en affichage d’idéologie« . C’est pas du jeu non plus. Il ne joue pas, Robert Badinter. Pas son genre. Il nous gratifie de sa présence, nous inonde de son sérieux, nous pulvérise de sa neutralité impartiale. Si les enjeux du débat n’étaient pas aussi lourds, on pourrait s’esclaffer tant il semble ne pas se rendre compte que ça se voit, son jupon dépasse. Son allocution est le long  plaidoyer pro domo de qui se donne bonne conscience en fustigeant les mafias pour mieux dédouaner les clients. Pourquoi? Allez savoir… A moins que… N’étant pas prostituée, je ne saurais, à ses yeux, épouser la cause des personnes prostituées. Or lui passe une heure à défendre becs et ongles le client. Il s’en donne le droit. Il s’y voit. Se pourrait-il que… Non… Pas lui! Fausse route, sans doute…
« S’il n’y a pas de contrainte, si ce sont des motivations quelles qu’elles soient, que ce soit l’ambition la cupidité ou que ce soit l’argent, peu importe, ou le désir, ce qui serait beaucoup mieux, ou le plaisir parce que c’est pas absolument interdit, en tout cas dans le Code Pénal… » Son choix de mots est aussi neutre que le PH d’une piscine d’acide chlorhydrique. Le mot « contrainte » est utilisé ici comme le mot « consentement » dans les procès pour viol, systématiquement agité par le violeur et nié par la victime. Et pour qualifier les chemins de la prostitution, observons la progression du vocabulaire: « ambition, cupidité, argent, désir, plaisir« . Le plaisir a le dernier mot. Le plaisir de qui ?
Unknown-5Constatons, sur cet exemple, de quoi sont faits les Pères de la Nation, les références morales, les grandes figures de la République, les donneurs de leçon, les prescripteurs de pensée, les timoniers inoxydables. Des faux culs planqués derrière des grands principes qu’ils trahissent à chaque ligne, défenseurs acharnés d’une hiérarchie dont ils nient l’existence. Des dominants cyniques qui doivent leurs privilèges historiques à la violence la plus brutale et qui plaquent sur leurs abus de pouvoir les mots qui mentent, les mots qui planquent, les mots qui tuent.
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