ANgrywOmeNYMOUS


mercredi 6 juillet 2011

REPONSE A ELISABETH BADINTER


Tout d'abord, apprécions les propos de Jean Quatremer, que l'on pourrait adresser à ceux qui, secrètement ou non, espèrent le retour de M. Strauss-Kahn, et aux complaisants et amnésiques de tous bords, y compris à Elisabeth Badinter que l'on commence déjà à encenser pour sa prise de position "très classe" du mercredi 6 juillet sur France Inter !




Voir l'émission intégrale sur France 24
(en deux parties)

Elisabeth Badinter sur France Inter:



Euh... oui, Madame Badinter, il y a certainement eu quelques démonstrations de mauvaise foi et des abus de langage naturels dans un tel débat. Cependant les absents ont toujours tort, et ce n'est pas parce que l'on répond soudain présent que l'on a forcément raison en tout point...  Au fait, où étiez-vous quand il n'y avait pas encore d'éléments "à charge" (que vous qualifiez joliment de "doutes") contre Nafissatou Diallo? Ce long délai de réflexion est-il simplement dû à votre devoir intellectuel de philosophe (féministe...)? Votre diatribe semble si cohérente et "digne" qu'elle n'a suscité jusques ici qu'admiration. Mmmm... permettez-moi d'y écouter de plus près.

C'est bien de respecter la présomption d'innocence- ce qu'ont fait même les "certaines féministes" que vous critiquez: comme le relève Hélène Jouan, elles n'ont jamais condamné d'avance, encore moins définitivement M. Strauss-Kahn mais se sont élevées contre les propos machistes et sexistes entendus les premiers jours après son arrestation, ainsi que contre l'omerta qui entoure toujours les violences de toutes sortes faites aux femmes, dont on a heureusement pris davantage connaissance et donc conscience depuis.
Comme vous le dites vous-même la parole des femmes n'a pas été totalement libérée et ce n'est pas parce que vous entendez des propos contre le sexisme et le machisme "depuis 15 ans" qu'ils ne doivent pas être encore martelés à chaque occasion, fût-elle l'affaire DSK.
Dommage qu'Hélène Jouan vous ait maladroitement donné le prétexte du "faux-prétexte" dont les féministes se seraient servies pour faire avancer leur cause. Il ne s'agit évidemment pas de cela!

De ces "réactions des premières 48h" vous ne retenez que le "piétinement" de la présomption d'innocence et la mise au pilori de ceux qui défendaient le présumé innocent, accusés qu'ils étaient de protéger la gent masculine et leur classe. Curieux... il me semble surtout avoir dû vraiment, vraiment, tendre l'oreille pour entendre une parole à la défense de la présumée victime. Même ces fameuses féministes que vous invectivez ne se sont manifestées qu'au bout de quelques jours, tant elles étaient sidérées par l'in- à propos, la partialité ou l'incomplétude flagrants de certaines prises de parole.

Les mensonges de Nafissatou Diallo ne sont pas plus choquants que certains comportements de M. Strauss-Kahn. Ils pourraient même s'expliquer si on se mettait un tant soit peu dans ses baskets. Peut-on décemment en dire autant des dérapages répétés de M. Strauss-Kahn, Madame Badinter? Présumé innocent ou présumée victime ont droit au même respect, certes. Mais qu'on ne vienne pas reprocher aux féministes de prendre plutôt le parti des femmes présumées victimes de violences, affabulatrices ou non, jusqu'à preuve du contraire! C'est vraiment le comble!

Quant aux "certaines" féministes que vous accablez, elles n'ont pas à formuler de regrets. Elles ont eu le courage, elles, de se mouiller, aussi vite que possible, même en ayant des doutes. Et si l'affaire DSK devait porter préjudice à la parole des victimes, c'est justement parce qu'on ne défend plus, avec force, la cause de madame Diallo- toujours présumée victime rappelons-le-, sous prétexte qu'elle a menti dans le passé!

On l'aura compris... il ne faudra surtout pas compter sur vous pour ce faire.

Mon regret à moi est que personne n'ait pris la peine jusqu'à présent, d'après mes recherches dans les médias, de révéler à quel point vos propos sont fallacieux.


Pour comprendre le dialogue crypté de Jouan-Badinter

L'article du NYT que cite Jean Quatremer:

Frenchwomen Weigh Impact and Fallout of Strauss-Kahn Case


Vatapa

mardi 5 juillet 2011

DE LA LEGENDAIRE MEMOIRE D'ELEPHANT

 Le mammouth est un proche cousin de l'éléphant. Il était couvert de fourrure brune épaisse pour se protéger du froid car il vivait à une période de glaciation. La chasse et le réchauffement climatique ont eu raison de lui il y a environ 10'000 ans. Nos éléphants s'en souviennent encore mais tout comme papi et mamie, ils ont quelque peine à se souvenir d'évènements plus récents...


On a eu droit à tout dans cette affaire DSK… Du plus du plus dans la surenchère, au pas moins que ça dans la médiocrité, en passant par le pire que tout et le n’importe quoi- admettons que nous y ayons apporté notre petit grain de sel bien à nous, à faire à notre tour grincer bien des dents. Pardon, mais c’est irrésistible, et ce n’est que justice que nous puissions, nous aussi, contribuer à ce Grand Œuvre médiatiquement mondialisé qui remue tant de passions.

Sur cette abrupte pente-là continuons donc de glisser allègrement. 

Dernière nouvelle, Tristane Banon porte plainte contre DSK qui porte à son tour plainte contre Banon. Nous voilà donc satisfaits de ne pas avoir à nous morfondre encore, dans un creux d’actualité Strauss-Kahniesque, en attendant ce prochain 18 juillet- date que tout le monde aura retenue, tout comme son haleine… Enfin tout le monde parmi les nantis de ce Monde, car la plupart n’ont pas ce luxe, hélas.




... Quoi?! "Mot d'ordre au parti socialiste consistant à discréditer Mlle Tristane Banon"? ... Comment ça? Ménon ménon...

Disons que Michèle Sabban n'est pas le parti socialiste, mais elle a une drôle de conception des valeurs défendues par son parti, et de l'égalité entre hommes et femmes, elle qui pourtant a été Secrétaire nationale aux Droits des femmes de 1997 à 2003. Apparemment la grandeur et la dignité de l'Homme, pour elle, se réduisent à la grandeur et dignité très relatives de certains hommes... surtout un, qu'elle défend bec et ongles, faisant fi du minimum de la moindre des décences. Bel esprit de "responsabilité" que celui-là:




Les Strauss-Kahniens cherchent à décrédibiliser Tristane Banon, à mots à peine couverts, Cambadélis en tête...

François Hollande, quant à lui, est frappé d'amnésie en ce qui concerne Tristane Banon. C'est plus commode:






Malheureusement pour lui, quelques-uns se souviennent très bien, eux, de certains "détails" : Lire ici l'article de Rue 89, très instructif.

Anne Mansouret aurait même parlé avec DSK de l'agression contre sa fille, par la suite. "Je sais pas ce qui m'a pris, j'ai pété un plomb", aurait-il dit.

Aujourd'hui François Hollande modifie quelque peu sa version: 


"Huit ans après, une plainte est déposée par rapport à un incident supposé dont moi je n'ai pas connaissance dans le détail", a déclaré l'ancien patron du parti.
"Sa mère, Anne Mansouret, avait évoqué un incident (! ndlr) qui se serait passé, je n'en savais pas plus", a-t-il précisé.
"Rumeurs"
"Je tiens à dire que je n'ai jamais eu une plainte qui aurait été déposée auprès de moi. Pourquoi auprès de moi ? Comme premier secrétaire ? C'est pas le lieu auprès duquel on dépose plainte quand il se passe un incident", selon lui.
"Moi je n'ai eu qu'une seule attitude par rapport à cet incident supposé: (dire que, ndlr) s'il doit y avoir un dépôt de plainte, il doit se faire immédiatement", a-t-il poursuivi.
"Je veux absolument mettre un terme à toutes ces polémiques, rumeurs ou colportages", a-t-il ajouté, estimant que "cela commence à être absolument détestable".
"Je n'ai jamais formulé quoi que ce soit"
"S'il doit y avoir un dépôt de plainte huit ans après, c'est l'affaire de Tristane Banon et ça sera aux avocats de DSK d'y répondre pour diffamation", a poursuivi le candidat à la primaire.
"Moi je ne conseille ni ne déconseille à personne de porter plainte quand il se passe un événement de nature de violence personnelle. Si j'ai pu être au courant là d'un incident, je n'ai jamais formulé quoi que ce soit, un conseil, ou une interdiction. Ce n'était pas au premier secrétaire de l'époque de savoir ce qu'il y a lieu de faire lorsqu'il se passe un incident supposé ou réel", a-t-il souligné.

Stéphane Le Foll, directeur du cabinet de François Hollande à l'époque, perd lui aussi la mémoire.  Il est vrai qu'Alzheimer non plus n'attend pas le nombre des années. Contacté hier par le Parisien il a assuré, agacé, "n’avoir jamais eu à traiter cette affaire". "De toute façon, personne ne pouvait aller porter plainte à la place de Tristane Banon!" (Le Monde)

Jusqu'où ira tout ce beau monde dans le déni de réalité?
Autres questions: 
- quels "détails", au juste, attendait François Hollande? 
- quand il parle d'incident, s'agit-il du fait que DSK ait voulu tenir la main de Tristane pendant la fameuse interview?
- "Moi je n'ai eu qu'une seule attitude par rapport à cet incident supposé: s'il doit y avoir un dépôt de plainte, il doit se faire immédiatement". Cette "attitude" que François Hollande revendique, c'était avant ou après n'avoir pas formulé quoi que ce soit, ni un conseil ni une interdiction?!

C'est bien de s'occuper de Monsieur Du Genou, encore faudrait-il s'occuper un peu mieux de ses propres ouailles... Quel crève-coeur pour un Homme plutôt de gauche comme moi...

Anne Mansouret a jeté l'éponge pour les primaires. Les petites souris ont peu de chances face aux éléphants, fussent-ils de gauche.  


Quant à DSK, aux dernières nouvelles, il devrait bientôt être libéré de toute charge, selon le Figaro citant le New York Post qui lui suggère de fêter ça.

Déboucher le champagne? DSK le fait déjà, certainement... c'est qu'elle reprend du poil de la bête, la bête... de ces poils résidus de l'homme de Cro-Magnon !

Quant à nous, si nous l'attrapions par là où il le mérite?



Vatapa

dimanche 3 juillet 2011

Les menottes changent de camp

Dessin de Gloup




Mickey a encore gagné !

En effet le superhéros mondial ne pouvait décemment rester indéfiniment traité comme un criminel de droit commun ordinaire. Il fallait une petite phrase* traduite du fulani (dialecte guinéen) comme prétexte à une pseudo-libération. Combien a touché le procureur ? Quelle pression a t-il subie ? N'oublions pas que les Strauss-Kahn sont immensément riches.

« Je sais ce que je fais, ce type a beaucoup d’argent » peut vouloir dire beaucoup de choses. Par exemple : qu’elle songe à toucher des dommages et intérêts et on la comprend, tandis qu’au bout du fil un type ou une femme pour le/laquel/le seul l’argent compte lui dit de laisser tomber ne comprenant pas les dommages qu’un viol induit. Nafissatou Diallo argumente donc sur l’argent pour être approuvée. Voilà ce que cela peut vouloir dire et n’implique ni une histoire de prostitution, ni une histoire de coup monté, ni une histoire de chantage. Se saisir de cette seule petite phrase afin de broder une histoire de prostitution et d’extorsion est quand même violent.

Dessin de Gloup / Texte d'Euterpe

samedi 2 juillet 2011

La volte-face de la justice new-yorkaise

C'est drôle quand même qu'un homme connu pour être un vrai satyre, comme nous l'ont révélé les témoignages qui ont suivi l'arrestation de DSK, se voie libéré aussi subitement qu'intempestivement par le même État de New York qui l'avait accusé un mois auparavant ! Le directeur du FMI s'était même vu empêché de fuir et emprisonné sur ce grave soupcon de tentative de viol avec séquestration de l'immigrée africaine Nafissatou Diallo, si bien que des menottes ne semblaient pas de trop pour ce faire.
Et dans les deux cas l'État de New York tient les rênes, part au grand galop, se cabre ou fait volte-face. En attendant, les traces de sperme de DSK sur le col de chemise sont toujours des traces de sperme de DSK sur le col de chemise de Nafissatou Diallo, que ce col de chemise appartienne à une affabulatrice ou non. D'autre part si j'ai menti un jour de ma vie, eu une phase kleptomane, ai escroqué quelqu'un et été tentée d'exploiter mon propre malheur en pensant aux dommages et intérêts, cela veut-il dire que si je me suis fait violer, ce n'est, alors, pas un viol ?
C'est pourtant sur des questions n'ayant rien à voir avec le crime proprement dit mais concernant la "moralité" de la victime, qui, ô surprise, ne serait pas plus que moi, une sainte, que le satyre (présumé) va bientôt se voir relâcher par l'État de New York. "On" (mais pas moi) espère même le voir concourir pour la présidentielle francaise de 2012 maintenant !
Tout cela ressemble plutôt à des négociations entre nantis pour ne pas faire subir plus longtemps à l'un d'entre eux l'humiliation du bracelet électronique. Mais sa libération est encore un peu différée tout de même.
Cela dit s'il est tout à fait libéré et récidive plus gravement encore en France, n'ayons aucune crainte. Nous ne serons pas informé.e.s.

vendredi 1 juillet 2011

Les bodies de l'avenir : Petit "Bat tôt" 2011


"Jolie têtue rigolote douce gourmande coquette amoureuse mignonne élégante belle"
/ "Courageux fort fier robuste malin vaillant rusé habile déterminé espiègle...cool" =






Euterpe, gloup

jeudi 30 juin 2011

NAFISSATOU DIALLO, LA ROSA PARKS DE LA SÉGRÉGATION… SEXUELLE ?




Gloup: Rosa Parks refuse de céder sa place à un homme blanc dans un bus, puis conteste l'amende qui s'en suit en allant au procès. Ce sera le début de la lutte pour les droits civiques des Noirs aux USA.

Nafissatou Diallo me semble vouloir aller jusqu'au bout elle aussi. (Un homme blanc, par son présumé crime de violence sexuelle, aurait signifié à Nafissatou Diallo que son existence sur terre ne mérite aucun respect.)

Nafissatou comprend surtout l'énorme enjeu : victime bien malgré elle d'une injustice révoltante parce qu'elle est une femme - femme de chambre qui plus est, et donc subalterne aux yeux des hommes - elle n'accepte pas, quitte à aller jusqu'au procès, tout comme Rosa Parks. Elle est courageuse, très courageuse. Par l'intermédiaire de son avocat , elle fait comprendre qu'elle souhaite se battre pour toutes les femmes qui ont subi des violences sexuelles, et ont dû se taire.

Nous pourrions assister à une véritable révolution dans les consciences. Nafissatou, par son histoire - elle est issue d'une communauté victime de guerre civile, dans laquelle les viols furent de masse - est en position de devenir une véritable héroïne : en défendant tout simplement sa dignité d’être humain, elle fera avancer les droits des femmes dans le monde entier !



Vatapa: Nafissatou, une nouvelle Rosa Parks? Oui, pour ce qui est du symbole de la personne modeste, assise quasi invisible dans un coin de notre société, face à l’homme puissant, debout sous les spots. Curieuse inversion si l’on songe à l’histoire de celle qui refusa de se lever pour être enfin considérée, elle aussi, comme une personne debout.

Et Madame Parks se leva, en choisissant de rester assise.

Nafissatou, c’est accroupie qu’elle fut trouvée dans un coin de réduit, dit-on, mais Madame Diallo se redressa dans toute sa dignité pour se laver de la honte infligée. Si les faits sont avérés, elle n’a pas fini de la frotter, sa honte, sous l’eau de la glaciale solitude qui est désormais sienne. Mais pas question de se taire : elle luttera jusqu’au bout pour défendre son honneur, quels que soient la puissance, l’argent et l’influence de son présumé agresseur, dixit son nouvel avocat Maître Thompson.

Oui, nous sommes toutes femmes de chambre, et avec Madame Diallo nous tenons à nous lever pour celles qui n’ont d’autre choix, d’autre force que de rester encore accroupies, dans le glacial et sombre silence où on les réduit. N’en déplaise à certains qui volontiers crient au danger du grand déballage, au respect de la vie privée et de la présomption d’innocence, au jugement facile de symboles au détriment des individus, à l’allégorie douteuse, à la menace du moralisme puritain, à la ronde nécessaire et si charmante de la séduction, quitte à ce qu'elle devienne lourde... parfois...

Toutes femmes de chambre debout de pied ferme, au risque de voir encore des maîtres en dérapage pris de vitesse dans la pente de leur hypocrisie. La victime présumée, elle, est surtout présumée menteuse. Alors pardon de rétablir un peu l'équilibre.

Il se trouve que Nafissatou Diallo, en plus, est noire, comme Rosa Parks. Autre temps, autre contexte… autre combat ? Pas tant que ça.

Madame Parks était "travailleuse et discrète", tout comme Madame Diallo. Elle eût sans doute préféré ne pas avoir à lutter pour ses droits. Elle est pourtant devenue la "mère du mouvement des droits civiques".

Ce n’est pas tant que l’affaire DSK libère la parole. C'est que les Madame Parks et Diallo remuent et aiguillonnent les consciences, les font plonger dans des profondeurs qu'on ne saurait voir. 


L'inquisition morale semble effrayer bien du monde tout à coup, là où les inquisiteurs d'intimité féminine ont encore beau jeu. La ségrégation et la domination avaient le champ libre, quand d'anciens maîtres regrettaient les travailleurs dans leurs champs. Le labeur s'éternise, sous des cieux pas si nouveaux.

Nafissatou Diallo n’a pas demandé à finir sa vie en tragédie grecque. Ni à être mondialement connue. Mais elle aura bientôt un visage, comme Rosa Parks.


Nous voici tous sous les spots à présent.  Les peurs tues tueront moins.
Nous voici tous sous les spots à présent.

Euterpe: Rosa Parks fut l'une des plus importantes icônes de la lutte contre la ségrégation raciale dans les années 1950/60. Notre icône de la résistance à la ségrégation sexuelle vient de se faire connaître à nous. Il s'agit de Nafissatou Diallo, la Martine Dupont de l'immigration tant son nom est ordinaire, le modèle absolu de la femme modeste, pauvre et sans histoire telle que le sexisme les aime. Confrontée à une agression sexiste ordinaire comme en subissent des millions de femmes partout dans le monde sans même oser en parler, elle ne s'est pas dit "il faut subir et se taire, car aux tout-puissants tout est permis". Elle a réagi comme une personne entière, exprimant spontanément tout le dégoût et le désespoir de quelqu'un qui ne se trahit pas soi-même.


Déjà Marie-Georges Buffet réclame une loi antisexiste, les femmes politiques se mettent à parler, Tron est viré du gouvernement sans qu'une quelconque présomption d'innocence soit invoquée, des voix s'élèvent de partout. Le monde ne sera plus comme avant. Une loi contre le sexisme est sur le point d'être votée ! Vive la Rosa Parks de la ségrégation sexuelle !

Nous ne laisserons plus prendre notre place, nous non plus, par l'arrogante masculinité qui s'arroge toutes les richesses du monde pour pouvoir nous asservir sexuellement ou autre. Nous ne sommes pas nées pour nous faire houspiller et maltraiter par l'autre sexe de notre espèce. Ce sexe qui se prétend dominant et qui s'autorise tous les mépris, toutes les maltraitances. La discrimination doit cesser, les hommes devenir des femmes comme les autres. Aucun sexe ne doit plus dominer l'autre, nulle part.


Héloïse: L'une était couturière, l'autre est femme de ménage. Il y a là l'idée que les grands changements dans les sociétés ne viennent pas forcément de ceux auxquels on penserait (cf. les Grands Zhôms). L'idée aussi que le pouvoir, la richesse ne sont rien, parfois, face à la détermination et la colère des plus modestes.

Mauvaise herbe: A l'instar de Rosa Parks, figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale, Nafissatou Diallo en refusant de s'asseoir à l'arrière du bus de l'histoire où sont depuis toujours relégués tous ces destins ordinaires de femmes violées, tient à son tour un rôle initiateur dans la prise de conscience mondiale des violences faites aux femmes. Pour les femmes du monde entier il y avait un avant Nafissatou Diallo , à nous toutes de tracer, en unissant nos voix à celle de cette femme de courage, la voie d'un après.



lundi 30 mai 2011

NOUS, FRANÇAISES, SOMMES TOUTES DES « FEMME DE CHAMBRE GUINÉENNE PRÉSUMÉE MENTEUSE »

NOUS, CITOYENNES FRANÇAISES ORDINAIRES, tenons à écrire aux médias étrangers pour faire entendre notre voix, largement occultée par la presse nationale dans ce qu’il est maintenant convenu d’appeler «l’affaire DSK». Notre prise de parole ne se cantonne cependant pas à cette affaire : elle veut s’étendre à tous les cas de harcèlement ou d’agression sexuels, en France et ailleurs !

NOUS NOUS INSURGEONS avec force contre les prises de position ignobles de certaines personnalités omniprésentes dans l’espace médiatique français. Notre sympathie va par conséquent d’abord à la citoyenne américaine présumée victime d’une tentative de viol, sans pour autant préjuger de la culpabilité de l’accusé.

NOUS DENONÇONS l’attitude hostile de la classe politico-médiatique française qu’a déclenchée l’affaire DSK envers la justice et les médias américains et tenons à faire savoir que les virulents reproches adressés par M. Bernard Henri-Lévy à la presse américaine n’engagent que lui.

NOUS SOMMES INDIGNEES de constater qu’en France :


- une victime présumée de tentative de viol est encore trop souvent soupçonnée de mensonge
- une victime présumée de tentative de viol est encore trop volontiers l’objet de sarcasmes, de plaisanteries douteuses et de divers stratagèmes pour minorer le caractère destructeur du viol.
- une victime présumée de tentative de viol est encore généralement réduite au silence.


Les viols en France sont estimés à 75 000 par an, soit un viol toutes les 7 minutes !

A l’occasion de l’affaire DSK, la justice américaine a présenté un miroir aux Français. Beaucoup ont découvert avec consternation qu’une mentalité rétrograde et des attitudes archaïques qu’ils croyaient presque révolues perdurent, dans la plus grande hypocrisie : une désastreuse loi du silence continue de régner en France, et certaines prises de parole ont révélé qu’elle s’accompagne d’un déni et d’un sexisme insupportables, allant jusqu’à la misogynie, même parmi les femmes. Inégalités profondes entre les sexes, silence protecteur «de caste», machisme de «bon ton» sont apparus au grand jour, n’épargnant ni les médias ni certains partis, qui prônent pourtant la justice sociale !

NOUS DEPLORONS que la France soit certes le pays des Droits de l’Homme mais que les femmes en aient tacitement été exclues au moment de leur Déclaration ! Il en résulte qu’une porte a été laissée grande ouverte à une confusion avec «les Droits du Mâle». L’omerta ambiante renvoie les victimes d’agressions au statut de sous-citoyennes et conforte les agresseurs dans une impunité triomphante. La loi du silence continue de traumatiser les victimes, de plomber l’atmosphère sociale, à tous les niveaux, et de se transmettre de génération en génération.

NOUS NOUS ELEVONS contre certains propos stigmatisant les classes défavorisées. En France comme partout dans le monde, le sexisme expose à la précarité et cantonne à des métiers sous-valorisés tels que celui de femme de chambre. Le glissement est alors rapide entre femme et … femme «de chambre», femme de ménage, soubrette et finalement «catin», dont «le troussage» semble encore de mise. 

Or par la voix de BHL et consorts, la résistance au changement s’est exprimée dans toute sa violence, illustrée par des propos indignés à la défense exclusive du «présumé innocent». Eh oui: le silence de caste a son pendant: l’indignation de caste. Certaines de ces saillies médiatiques ont été nuancées ou complétées par la suite, mais avec quel manque de conviction et quelle maladresse !

En France comme ailleurs, le fossé social s’est considérablement creusé.

NOUS SOMMES PERSUADEES que si Mme D. avait été citoyenne française, elle n’aurait eu droit qu’à une justice au rabais, à supposer que l’affaire n’eût pas été immédiatement étouffée, face à un homme usant certainement de toute son influence et des moyens financiers considérables à sa disposition.

Mme D. a probablement peu de chances face à un homme puissant qui conjugue tous les pouvoirs. C’est pourquoi nous, citoyennes de France et concitoyennes de son agresseur présumé, tenons à faire savoir à tous, et à elle en particulier, que nous lui apportons tout notre soutien.

NOUS VOULONS ETRE LES PORTE-VOIX de toutes les femmes victimes des violences visibles ou invisibles décrites plus haut, de toutes les femmes aux prises avec une société et une justice qui n’estiment toujours pas que la parole d’une femme vaille celle d’un homme, de toutes celles dont on nie encore, sinon l’existence, du moins le droit à être entendues et traitées avec justice, égalité et le plus grand des respects.

NOUS RENDONS EN OUTRE HOMMAGE à ceux qui en France et ailleurs ont eu une attitude digne et juste face à ce qu’affronte un «présumé innocent», mais également une «présumée victime» !


ANgrywOmeNYMOUS


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